Poésies Religieuses. (1893) Par Thérèse De Lisieux. (1873-1897) Marie-Françoise Thérèse Martin. TABLE DES MATIERES La Rosée Divine. A Notre Maîtresse Et Mère Chérie. Les Trois Petites Novices. Office De L'Eglise. Cantique Pour Obtenir La Canonisation De La Vénérable Jeanne D'Arc. Mon Chant D'Aujourd'Hui. Le Portrait D'Une Ame Que j'Aime. Un Coeur D'Enfant Reconnaissant. Prière De L'Enfant D'Un Saint. Prière D'Une Enfant Exilée. Histoire D'Une Bergère Devenue Reine. Pour La Prise D'Habit De Marie-Agnès De La Sainte Face. La Reine Du Ciel A Son Enfant Bien-Aimée. A Notre Père Saint Joseph. L'Atome Du Sacré-Coeur. Chant De Reconnaissance De La Fiancée De Jésus. Vivre D'Amour! Le Cantique De Céline. Qui A Jésus A Tout. L'Atome De Jésus-Hostie. Mon Ciel Ici-Bas! Cantique D'Une Ame Ayant Trouvé Le Lieu De Son Repos! Jésus Mon Bien-Aimé, Rappelle-Toi! Mes Désirs Auprès De Jésus Caché Dans Sa Prison D'Amour. Les Réponses De Ste Agnès. Souvenir Du 24 Février 1896. Le Cantique Eternel Chanté Dès L'Exil. 1er Mars 1896. A Notre Chère Petite Soeur. Glose Sur Le Divin. Le Cantique De Soeur Marie De La Trinité Et De La Sainte Face. Mon Ciel A Moi! Fête Du Sacré Coeur De Jésus. Jeter Des Fleurs. A Notre Dame Des Victoires. Jésus Seul. Pour Francis La Néele. Confidence De Jésus A Thérèse. Un Docteur Saint Et Célèbre. Les Sacristines Du Carmel. Comment Je Veux Aimer. Enfant Tu Connais Mon Nom! La Volière De L'Enfant Jesus! A Mes Petits Frères Du Ciel. Ma Joie! A Mon Ange Gardien. A Theophane Vénard. Mes Armes. A Notre Dame Du Perpétuel Secours. A Jeanne D'Arc. Une Rose Effeuillée. L'Abandon Est Le Fruit Délicieux De L'Amour. Pour Soeur Marie De La Trinité. Pourquoi Je T'Aime O Marie! O Dieu Caché... En Orient apparut une étoile... Le Ciel en est le prix... Pour Une Sainte-Marthe. Moi aussi, Mère bien-aimée... Le silence est le doux langage... Toi qui connais... La Rosée Divine. Le Lait Virginal De Marie. Mon Doux Jésus, sur le sein de ta Mère Tu m'apparais, tout rayonnant d'Amour. L'Amour, voilà l'ineffable mystère Qui t'exila du Céleste Séjour... Ah! laisse-moi me cacher sous le voile Qui te dérobe à tout regard mortel Et près de toi, ô Matinale Etoile! Je trouverai un avant-goût du Ciel. Dès le réveil d'une nouvelle aurore Quand du soleil on voit les premiers feux La tendre fleur qui commence d'éclore Attend d'en haut un baume précieux C'est du matin la rosée bienfaisante Toute remplie d'une douce fraîcheur Qui produisant une sève abondante Du frais bouton fait entrouvrir la fleur. C'est toi, Jésus, la Fleur à peine éclose, Je te contemple à ton premier réveil, C'est toi, Jésus, la ravissante Rose, Le frais bouton, gracieux et vermeil. Les bras si purs de ta Mère chérie Forment pour toi berceau, trône royal Ton doux soleil, c'est le sein de Marie Et ta Rosée c'est le Lait Virginal! Mon Bien-Aimé, mon divin petit Frère Dans ton regard je vois tout l'avenir Bientôt pour moi tu quitteras ta Mère Déjà l'Amour te presse de souffrir Mais sur la croix, ô Fleur Epanouie! Je reconnais ton parfum matinal, Je reconnais la Rosée de Marie. Ton sang divin, c'est le Lait Virginal!... Cette Rosée se cache au sanctuaire, L'ange des Cieux la contemple ravi, Offrant à Dieu sa sublime prière Comme Saint Jean, il redit: «Le voici» Oui, le voici, ce Verbe fait Hostie, Prêtre éternel, Agneau sacerdotal, Le Fils de Dieu, c'est le Fils de Marie, Le pain de l'Ange est le Lait Virginal, Le séraphin se nourrit de la gloire Au paradis son bonheur est parfait Moi faible enfant, je ne vois au ciboire Que la couleur, la figure du Lait Mais c'est le Lait qui convient à l'enfance Et de Jésus l'Amour est sans égal O tendre Amour! Insondable puissance Ma blanche Hostie, c'est le Lait Virginal!... (Air: Minuit, chrétiens) A Notre Maîtresse Et Mère Chérie. Oh! Quel joyeux anniversaire Nous célébrons en ce beau jour! A notre bonne et tendre Mère, Chantons, chantons tout notre amour. Depuis soixante ans, sur la terre, Divin Jésus, vous contemplez Une fleur qui vous est bien chère, De vos grâces vous l'arrosez. Jésus, votre fleur embaumée A pour vous gagné bien des coeurs, Elle a cueilli dans la vallée Une belle moisson de fleurs. Divin Jésus, dans la Patrie Vous saurez la récompenser; De la moisson qu'elle a cueillie Nous vous verrons la couronner. Jésus, votre Rose est la Mève Qui dirige nos coeurs d'enfants; Daignez écouter leur prière: Qu'ils fêtent ses quatre-vingts ans! Les Trois Petites Novices. Thérèse de l'Enfant Jésus. Marthe de Jésus. Marie-Madeleine. Sainte Cécile. Pendant le son des instruments Cécile chantait en son coeur... Office De L'Eglise. Sainte bien-aimée, je contemple ravie Le sillon lumineux qui demeure après toi Je crois entendre encor ta douce mélodie. Oui, ton céleste chant arrive jusqu'à moi De mon âme exilée écoute la prière Laisse-moi reposer sur ton coeur virginal Ce lys immaculé qui brilla sur la terre D'un éclat merveilleux et presque sans égal. O très chaste Colombe, en traversant la vie Tu ne cherchas jamais d'autre époux que Jésus, Ayant choisi ton âme, Il se l'était unie La trouvant embaumée de toutes les vertus. Cependant un mortel, radieux de jeunesse, Respira ton parfum blanche et céleste fleur! Afin de te cueillir, de gagner ta tendresse, Valérien voulut te donner tout son coeur. Bientôt il prépara des noces magnifiques. Son palais retentit de chants mélodieux... Mais ton coeur virginal redisait des cantiques Dont l'écho tout divin s'élevait jusqu'aux Cieux! Que pouvais-tu chanter, si loin de ta Patrie, Et voyant près de toi ce fragile mortel? Sans doute tu voulais abandonner la vie Et t'unir pour toujours à Jésus dans le Ciel... Mais non... j'entends vibrer ta lyre séraphique, Lyre de ton amour dont l'accent fut si doux, Tu chantais au Seigneur ce sublime cantique: «Conserve mon coeur pur, Jésus mon tendre Epoux!...» Ineffable abandon! Divine mélodie! Tu dévoiles l'amour par ton céleste chant. L'amour qui ne craint pas, qui s'endort et s'oublie Sur le Coeur de son Dieu, comme un petit enfant. Dans la voûte azurée parut la blanche étoile Qui venait éclairer de ses timides feux La lumineuse nuit qui nous montra sans voile Le virginal amour des époux dans les Cieux... Alors Valérien rêvait la jouissance, Cécile, ton amour était tout son désir... Il trouva le bonheur dans ta noble alliance Tu lui montras la vie qui ne doit pas finir. «Jeune ami, lui dis-tu, près de moi toujours veille «Un ange du Seigneur qui garde mon coeur pur, «Il ne me quitte pas, alors que je sommeille, «Il me couvre avec joie de ses ailes d'azur. La nuit, je vois briller son aimable visage «D'un éclat bien plus doux que les feux du matin, «Sa face me paraît la transparente image «Le pur rayonnement du visage divin.» Valérien reprit: «Montre-moi ce bel Ange, «Afin qu'à ton serment je puisse ajouter foi. «Autrement, crains déjà que mon amour se change «En terrible fureur, en haine contre toi...» O Colombe cachée dans le creux de la pierre! Tu ne redoutais pas les filets du chasseur La Face de Jésus te montrait sa lumière, L'Evangile sacré reposait sur ton coeur... Tu repris aussitôt avec un doux sourire: O Mon céleste Gardien exauce ton désir, «Bientôt tu le verras, il daignera te dire «Que pour voler aux Cieux, tu dois être martyr. «Mais avant de le voir, il faut que le baptême «Répande dans ton âme une sainte blancheur, «Il faut que le vrai Dieu l'habite par Lui-même «Il faut que l'Esprit-Saint soit la vie de ton coeur. «Le Verbe, Fils de Dieu et le Fils de Marie, «Dans son immense amour s'immole sur l'autel. «Tu dois aller t'asseoir au Banquet de la Vie «Afin de recevoir Jésus le Pain du Ciel. «Alors le Séraphin t'appellera son frère, «Et voyant dans ton coeur le trône de son Dieu «Il te fera quitter les plages de la terre «Tu verras le séjour de cet esprit de feu.» - «Je sens brûler mon coeur d'une nouvelle flamme» S'écria dans sa joie l'ardent patricien. «Je veux que le vrai Dieu habite dans mon âme, «Cécile, mon amour sera digne du tien!...» Revêtu de la robe emblème d'innocence, Valérien put voir le bel ange des Cieux, Il contempla ravi sa sublime puissance Il vit le doux éclat de son front radieux. Le brillant séraphin tenait de fraîches roses Mélangées de beaux lys éclatants de blancheur; Dans les jardins du Ciel, ces fleurs étaient écloses Sous les rayons d'Amour de l'Astre créateur. «Epoux chéris des Cieux, les roses du martyre «Couronneront vos fronts, dit l'ange du Seigneur, «Il n'y a pas de voix, il n'y a pas de lyre «Capables de chanter cette grande faveur! «Je m'abîme en mon Dieu, je contemple ses chaînes, «Mais je ne puis pour lui m'immoler et souffrir, «Je ne puis lui donner ni mon sang ni mes larmes «Malgré tout mon amour, je ne saurais mourir... «La pureté, de l'ange est le brillant partage «Son immense bonheur ne doit jamais finir, «Mais sur le Séraphin, vous avez l'avantage «Vous pouvez être purs, et vous pouvez souffrir!... ............................................... «De la virginité vous voyez le symbole «Dans ces lys embaumés que vous envoie l'Agneau «Vous serez couronnés de la blanche auréole, «Vous chanterez toujours le cantique nouveau. «Votre chaste union enfantera des âmes «Qui ne rechercheront d'autre époux que Jésus, «Vous les verrez briller comme de pures flammes, «Près du trône divin, au séjour des élus.» Cécile, prête-moi ta douce mélodie Je voudrais convertir à Jésus tant de coeurs! Je voudrais comme toi sacrifier ma vie Je voudrais lui donner et mon sang et mes pleurs Obtiens-moi de goûter sur la rive étrangère Le parfait abandon, ce doux fruit de l'amour. O ma Sainte chérie! bientôt, loin de la terre, Obtiens-moi de voler près de toi sans retour 28 Avril 1894 (Air Pitié, Mon Dieu.) Cantique Pour Obtenir La Canonisation De La Vénérable Jeanne D'Arc. Dieu des années, l'Eglise tout entière Voudrait bientôt honorer à l'Autel Une Martyre, une Vierge guerrière Dont le doux nom retentit dans le Ciel. Refrain I Par ta Puissance O Roi du Ciel Donne à Jeanne de France (bis) L'Auréole et l'Autel! (bis) Un conquérant pour la France coupable Non ce n'est pas l'objet de son désir De la sauver Jeanne seule est capable Tous les héros pèsent moins qu un martyr! Jeanne Seigneur, est ton oeuvre splendide Un coeur de feu, une âme de guerrier Tu les donnas à la Vierge timide Que tu voulais couronner de laurier. Jeanne entendit dans son humble prairie Des voix du Ciel l'appeler au combat Elle partit pour sauver la patrie La douce enfant à l'armée commanda. Des fiers guerriers elle gagna les âmes L'éclat divin de I'Envoyée des Cieux Son pur regard, ses paroles de flammes Surent courber les fronts audacieux.... Par un prodige unique dans l'histoire On vit alors un monarque tremblant Reconquérir sa couronne et sa gloire Par le moyen d'un faible bras d'enfant. Ce ne sont pas de Jeanne les victoires Que nous voulons célébrer en ce jour Nous le savons, ses véritables gloires Ce sont, mon Dieu, ses vertus, son amour. En combattant, Jeanne sauva la France Mais il fallait que ses grandes vertus Fussent marquées du sceau de la souffrance Du sceau divin de son Epoux Jésus! Sur le bûcher sacrifiant sa vie Jeanne entendit la voix des Bienheureux Elle quitta l'exil pour la Patrie L'Ange Sauveur remonta vers les Cieux!... Jeanne, c'est toi notre unique espérance Du haut des Cieux, daigne entendre nos voix Descends vers nous, viens convertir la France Viens la sauver une seconde fois. Refrain II Par la puissance Du Dieu Vainqueur Sauve, sauve la France (bis) Ange Libérateur!... (bis) Chassant l'anglais hors de toute la France Fille de Dieu, que tes pas étaient beaux! Mais souviens-toi qu'aux jours de ton enfance Tu ne gardais que de faibles agneaux... Refrain III Prends la défense Des impuissants Conserve l'innocence (bis) En l'âme des enfants. (bis) Douce Martyre, à toi nos monastères Tu le sais bien, les vierges sont tes soeurs Et comme toi l'objet de leurs prières C'est de voir Dieu régner dans tous les coeurs. Refrain IV Sauver des âmes Est leur désir Ah! donne-leur tes flammes (bis) D'Apôtre et de Martyre! (bis) De tous les coeurs sera bannie la crainte Quand nous verrons l'Eglise couronner Le front si pur de Jeanne notre Sainte Et c'est alors que nous pourrons chanter: Refrain. Notre-espérance Repose en vous Sainte Jeanne de France (bis) Priez, priez pour nous! (bis) (Air: Dieu de paix et d'amour) Mon Chant D'Aujourd'Hui. Ma vie n'est qu'un instant une heure passagère Ma vie n'est qu'un seul jour qui m'échappe et qui fuit Tu le sais, ô mon Dieu! pour t'aimer sur la terre Je n'ai rien qu'aujourd'hui!... Oh! je t'aime Jésus! vers toi mon âme aspire Pour un jour seulement reste mon doux appui. Viens régner dans mon coeur donne-moi ton sourire Rien que pour aujourd'hui! Que m'importe, Seigneur, si l'avenir est sombre Te prier pour demain, oh non, je ne le puis! Conserve mon coeur pur, couvre-moi de ton ombre Rien que pour aujourd'hui. Si je songe à demain, je crains mon inconstance Je sens naître en mon coeur la tristesse et l'ennui. Mais je veux bien, mon Dieu, I'épreuve, la souffrance Rien que pour aujourd'hui. Je dois te voir bientôt sur la rive éternelle O Pilote Divin! dont la main me conduit. Sur les flots orageux guide en paix ma nacelle Rien que pour aujourd'hui. Ah! laisse-moi, Seigneur, me cacher en ta Face. Là je n'entendrai plus du monde le vain bruit Donne-moi ton amour, conserve-moi ta grâce Rien que pour aujourd'hui. Près de ton coeur divin, j'oublie tout ce qui passe Je ne redoute plus les craintes de la nuit Ah! donne-moi, Jésus, dans ce Coeur une place Rien que pour aujourd'hui. Pain Vivant, Pain du Ciel, divine Eucharistie - O Mystère sacré! que l'Amour a produit Viens habiter mon coeur, Jésus, ma blanche Hostie Rien que pour aujourd'hui. Daigne m'unir à toi, Vigne Sainte et sacrée Et mon faible rameau te donnera son fruit Et je pourrai t'offrir une grappe dorée Seigneur, dès aujourd'hui. Cette grappe d'amour, dont les grains sont des âmes Je n'ai pour la former que ce jour qui s'enfuit Ah! donne-moi, Jésus, d'un Apôtre les flammes Rien que pour aujourd'hui. O Vierge Immaculée! C'est toi ma Douce Etoile Qui me donnes Jésus et qui m'unis à Lui. O Mère! laisse-moi reposer sous ton voile Rien que pour aujourd'hui. Mon Saint Ange gardien, couvre-moi de ton aile Eclaire de tes feux la route que je suis Viens diriger mes pas... aide-moi, je t'appelle Rien que pour aujourd'hui. Seigneur, je veux te voir, sans voile, sans nuage, Mais encore exilée, loin de toi, je languis Qu'il ne me soit caché, ton aimable visage Rien que pour aujourd'hui. Je volerai bientôt, pour dire tes louanges Quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui Alors je chanterai sur la lyre des Anges L'Eternel Aujourd'hui! Fête du Sacré-Coeur 1er Juin 1894 Le Portrait D'Une Ame Que j'Aime. Marie Du Sacré Coeur. Moi je connais un coeur, une âme très aimante, Ayant reçu du Ciel une sublime Foi, Rien ne peut ici-bas ravir cette âme ardente: Il n'y a que Jésus qu'eue nomme son Roi. Enfin, cette belle âme est grande et généreuse, Douce et vive à la fois, toujours humble de coeur. Un horizon lointain... l'étoile lumineuse Suffisent bien souvent pour l'unir au Seigneur; Autrefois je la vis aimant l'indépendance Ce hercher le bonheur pur et la vraie liberté.... Répandre des bienfaits était sa jouissance Et s'oublier toujours, sa seule volonté!.... Ce fut le coeur divin qui captiva cette âme Oeuvre de son amour, digne du Créateur Un jour je la verrai comme une pure flamme Rayonner dans le Ciel auprès du Sacré coeur. Un Coeur D'Enfant Reconnaissant. Chant De Reconnaissance. A Notre-Dame Du Mont-Carmel. Aux premiers instants de ma vie, Vous m'avez prise entre vos bras; Depuis ce jour, Mère chérie, Vous me protégez ici-bas. Pour conserver mon innocence, Vous m'avez mise en un doux nid, Vous avez gardé mon enfance A l'ombre d'un cloître béni. Plus tard, aux jours de ma jeunesse, De Jésus j'entendis l'appel! Dans votre ineffable tendresse, Vous m'avez montré le Carmel. «Viens t'immoler pour ton Sauveur. Me disiez-vous avec douceur; «Près de moi, tu seras heureuse, «Viens t'immoler pour ton Sauveur. .................................. Prés de vous, ô ma tendre Mère! J'ai trouvé le repos du coeur; Je ne veux plus rien sur la terre, Jésus seul est tout mon bonheur. Si parfois je sens la tristesse, La crainte qui vient m'assaillir, Toujours, soutenant ma faiblesse, Mère, vous daignez me bénir. Accordez-moi d'être fidèle A mon divin Epoux Jésus. Qu'un jour, sa douce voix m'appelle A voler parmi les élus. Alors, plus d'exil, de souffrance; Je vous redirai dans le Ciel Le chant de ma reconnaissance, Aimable Reine du Carmel! 16 Juillet 1894 Prière De L'Enfant D'Un Saint. Rappelle-toi qu'autrefois sur la terre Ton seul bonheur était de nous chérir De tes enfants exauce la prière Protège-nous, daigne encor nous bénir Tu retrouves là-haut notre Mère chérie Qui t'avait précédé dans la Sainte Patrie. Maintenant dans les Cieux Vous régnez tous les deux Veillez sur nous!..... Rappelle-toi ta bien-aimée Marie Ta fille aînée, la plus chère à ton coeur Rappelle-toi qu'elle remplit ta vie Par son amour, de charme et de bonheur... Pour Dieu tu renonças à sa douce présence Et tu bénis la main qui t'offrait la souffrance... Oh! de ton Diamant Toujours plus scintillant Rappelle-toi!..... Rappelle-toi ta belle perle fine Que tu connus faible et timide agneau Vois-la remplie d'une force divine Et du Carmel conduisant le troupeau. De tes autres enfants elle est devenue Mère O Papa! viens guider celle qui t'est si chère!... Et sans quitter le Ciel De ton petit Carmel Rappelle-toi!... Rappelle-toi de l'ardente prière Que tu formas pour ta troisième enfant Dieu t'exauça, car elle est sur la terre Comme ses soeurs, un beau Lys très brillant La Visitation la cache aux yeux du monde Mais elle aime Jésus, c'est sa paix qui l'inonde. De ses ardents désirs Et de tous ses soupirs Rappelle-toi!... Rappelle-toi de ta chère Céline Qui fut pour toi comme un ange des Cieux Lorsqu'un regard de la Face Divine Vint t'éprouver par un choix glorieux... Tu règnes dans le Ciel sa tâche est accomplie Maintenant à Jésus elle donne sa vie..... Protège ton enfant Qui redit bien souvent Rappelle-toi!... Rappelle-toi de ta petite reine L'orpheline de la Bérésina Rappelle-toi que sa marche incertaine Ce fut toujours ta main qui la guida O Papa! souviens-toi qu'aux jours de son enfance Tu voulus pour Dieu seul garder son innocence!... Et de ses blonds cheveux Qui ravissaient tes yeux Rappelle-toi!... Rappelle-toi que dans le belvédère Tu l'asseyais toujours sur tes genoux Et murmurant alors une prière Tu la berçais par ton refrain si doux Elle voyait du Ciel un reflet sur ta face Quand ton regard profond se plongeait dans l'espace Et de l'Eternité Tu chantais la beauté Rappelle-toi!... Rappelle-toi du radieux Dimanche Où la pressant sur ton coeur paternel Tu lui donnas une fleurette blanche Lui permettant de voler au Carmel O Papa! souviens-toi qu'en ses grandes épreuves Du plus sincère amour tu lui donnas les preuves A Rome et à Bayeux Tu lui montras les Cieux Rappelle-toi!... Rappelle-toi que la main du Saint-Père Au Vatican sur ton front se posa Mais tu ne pus comprendre le mystère Du sceau Divin qui sur toi s'imprima..... Maintenant tes enfants t'adressent leur prière Ils bénissent ta Croix et ta douleur amère!... Sur ton front glorieux Rayonnent dans les Cieux Neuf Lys en fleur!!! ... L'Orpheline de la Bérésina. Août 1894 Prière D'Une Enfant Exilée. Auprès de vous, mon Dieu, je me souviens d'un Père, L'apôtre bien-aimé de votre Sacré-coeur. Mais il est exilé sur la rive étrangère... Il en est temps enfin, ramenez mon Pasteur! Rendez à vos enfants leur guide et leur lumière, En France, rappelez votre apôtre, Seigneur. 11 Septembre 1894 (Air: Tombé du nid) 20 Novembre 1894 Histoire D'Une Bergère Devenue Reine. A ma Sr Marie-Madeleine le jour de sa Profession, faite entre les mains de Mère Agnès de Jésus. En ce beau jour, ô Madeleine! Nous venons chanter près de vous La merveilleuse et douce chaîne Qui vous unit à votre Epoux, Ecoutez la charmante histoire D'une bergère qu'un grand Roi Voulut un jour combler de gloire Et qui répondit à sa voix. Refrain. Chantons la Bergère Pauvre sur la terre Que le Roi du Ciel Epouse en ce jour au Carmel. Une petite bergerette En filant gardait ses agneaux Elle admirait chaque fleurette Ecoutait le chant des oiseaux Comprenant bien le doux langage Des grands bois et du beau Ciel bleu Tout pour elle était une image Qui lui révélait le Bon Dieu. Elle aimait Jésus et Marie Avec une bien grande ardeur Ils aimaient aussi Mélanie Et vinrent lui parler au coeur. Veux-tu, disait la Douce Reine, Prés de moi, sur le Mont Carmel «Veux-tu devenir Madeleine, «Et ne plus gagner que le Ciel? «Enfant, quitte cette campagne, «Ne regrette pas ton troupeau, «Là-bas, sur ma sainte montagne «Jésus sera ton seul Agneau» «Oh! viens, ton âme m'a charmé Redisait Jésus à son tour «Je te prends pour ma fiancée, «Tu seras à moi sans retour.» «Avec bonheur l'humble bergère Répondant à ce doux appel Soutenue par Marie, sa Mère Parvint au sommet du Carmel.» C'est vous, ô Marie-Madeleine! Que nous fêtons en ce grand jour. La Bergère est devenue Reine Près du Roi Jésus, son amour!... Vous le savez, soeur très chérie, Servir notre Dieu, c'est régner Le Doux Sauveur pendant sa vie Ne cessait de nous l'enseigner: «Si dans la Céleste Patrie «Vous voulez être le premier «Il faudra toute votre vie «Vous cacher... Etre le dernier.» Heureuse êtes-vous, Madeleine, Priant Jésus sur le Carmel Serait-il pour vous quelque peine Etant si rapprochée du Ciel? Vous imitez Marthe et Marie Prier, servir le doux Sauveur Voilà le but de votre vie Il vous donne le vrai bonheur. Si parfois l'amère souffrance Venait visiter votre coeur Faites-en votre jouissance: Souffrir pour Dieu... quelle douceur!... Alors les tendresses Divines Vous feront bien vite oublier Que vous marchez sur des épines Et vous croirez plutôt voler... Aujourd'hui l'ange vous envie Il voudrait goûter le bonheur Que vous possédez, ô Marie! Etant l'épouse du Seigneur. Oui vous êtes dès cette vie L'épouse du Roi des élus Un jour en la sainte Patrie Vous régnerez près de Jésus. Dernier refrain Bientôt la Bergère Pauvre sur la terre S'envolant au Ciel Régnera près de l'Eternel. A nos Vénérées Mères. C'est à vous, bonnes, tendres Mères Que Madeleine notre soeur C'est à vos soins et vos prières Qu'elle doit sa paix, son bonheur Elle saura bien reconnaître Votre amour tendre et maternel Demandant à son Divin Maître De vous combler des biens du Ciel. Refrain Et dans vos couronnes O Mères si bonnes Brillera la fleur Que vous offrez au Dieu Sauveur. Pour La Prise D'Habit De Marie-Agnès De La Sainte Face. Vierge Marie, malgré mon impuissance Je veux chanter au soir de ce beau jour Le cantique de la reconnaissance En mon espoir d'être à Dieu sans retour Ah! si longtemps, bien loin de l'arche sainte Mon pauvre coeur désirait le Carmel Je l'ai trouvé, maintenant plus de crainte Je goûte ici les prémices du Ciel!... Refrain Il est enfin passé le temps des larmes J'ai revêtu la toison du troupeau Pour moi se lève un horizon nouveau Divine Mère, en ce jour plein de charmes Oh! cachez bien le pauvre agneau Sous votre manteau . Je suis bien jeune, et déjà la souffrance L'épreuve amère a visité mon coeur Vierge Marie, mon unique espérance A votre agneau vous rendez le bonheur Vous me donnez le Carmel pour famille De vos enfants je suis aussi la soeur Mère chérie, je deviens votre fille La fiancée de Jésus mon Sauveur. De votre Fils le regard ineffable Sur ma pauvre âme a daigné s'abaisser J'ai recherché son Visage adorable Et e'est en Lui que je veux me cacher Il me faudra rester toujours petite Pour mériter les regards de ses yeux Mais en vertu je grandirai bien vite Sous les ardeurs de cet astre des Cieux. Douce Marie, je ne crains pas l'ouvrage, Vous connaissez ma bonne volonté J'ai des défauts, mais aussi du courage Et de mes soeurs grande est la charité En attendant le beau jour de mes noces J'imiterai leurs sublimes vertus Car je le sens, vous me donnez des forces Pour devenir l'épouse de Jésus. Dernier Refrain Daignez bénir les Mères Vénérées Dont la bonté m'a rendu le Carmel Auprès de vous sur un trône immortel Vierge Marie, que je les voie placées Et que votre coeur maternel Les couronne au Ciel. 18 Décembre 1894 C'est près de vous, Vierge Marie, Que nous venons chanter ce soir Vous priant pour l'enfant chérie Dont vous êtes l'unique espoir. Au jour béni de votre attente Vous rendez son coeur bien heureux Elle dresse au Carmel sa tente Et n'attend plus que les Saints Voeux; Ce beau jour, ö tendre Marie Lui rappelle un doux souvenir En un autre jour de sa vie Votre manteau vint la couvrir. La bure enfin lui est rendue Deux fois elle a pris votre habit Qu'elle soit aussi revêtue Mère, de votre double esprit. Elle a chanté: «J'ai du courage! - C'est vrai, nous l'avons dit tout bas Elle a chanté: «J'aime l'ouvrage!» - L'ouvrage ici ne manque pas!... Mais la force est très bonne chose Pour travailler avec ardeur Sur ses joues, mettez d'une rose Mère, la brillante couleur! Pour elle l'attente est passée Son coeur goûte la paix du Ciel Avec l'habit de Fiancée Jésus veut la voir à Noël. Qu'II daigne cacher en sa Face Tendre Mère, votre humble agneau C'est là qu'il réclame une place Ne voulant pas d'autre berceau. Daignez exaucer, ô Marie! Les voeux de votre pauvre agneau. Pendant la nuit de cette vie Cachez-le sous votre manteau. Ecoutez toutes ses prières Et que votre coeur Maternel Lui garde bien longtemps les Mères Qui lui rendent son cher Carmel! La Reine Du Ciel A Son Enfant Bien-Aimée. Marie De La Ste Face. Je cherche une enfant qui ressemble A Jésus, mon unique agneau Afin de les garder ensemble Tous deux en un même berceau. L'Ange de la Sainte Patrie De ce bonheur serait jaloux!.. Mais je le donne à toi, Marie, L'Enfant Dieu sera ton Epoux!... C'est toi-même que j'ai choisie Pour être de Jésus la soeur. Veux-tu Lui tenir compagnie? Tu reposeras sur mon coeur Je te cacherai sous le voile Où s'abrite le Roi des Cieux, Mon Fils sera la seule étoile Désormais brillante à tes yeux. Mais pour que toujours je t'abrite, Sous mon voile près de Jésus, Il te faudra rester petite, Parée d'enfantines vertus Je veux que sur ton front rayonne La douceur et la pureté Mais la vertu que je te donne Surtout, c'est la Simplicité. Le Dieu, L'Unique en trois personnes Qu'adorent les anges tremblants L'Eternel veut que tu lui donnes Le simple nom de Fleur des champs. Comme une blanche pâquerette Qui toujours regarde le Ciel Sois aussi la simple fleurette Du petit Enfant de Noël!... Le monde méconnaît les charmes Du Roi qui s'exile des Cieux Bien souvent, tu verras des larmes Briller en ses doux petits yeux. Il faudra qu'oubliant tes peines Pour réjouir l'Aimable Enfant Tu bénisses tes douces chaînes Et que tu chantes doucement!... Le Dieu dont la toute-puissance Arrête le flot qui mugit Empruntant les traits de l'enfance Veut devenir faible et petit; La Parole incréée du Père Qui pour toi s'exile ici-bas Mon doux Agneau, ton petit Frère Marie, ne te parlera pas!... Ce silence est le premier gage De son inexprimable amour Comprenant ce muet langage Tu l'imiteras chaque jour. Et si parfois, Jésus sommeille Tu reposeras prés de Lui Son coeur Divin qui toujours veille Te servira de doux appui. Ne t'inquiète pas, Marie De l'ouvrage de chaque jour Car ton travail en cette vie Doit être uniquement:«L'Amour!» Mais si quelqu'un vient à redire Que tes oeuvres ne se voient pas «J'aime beaucoup, pourras-tu dire «Voilà ma richesse ici-bas!...» Jésus tressera ta couronne Si tu ne veux que son amour Si ton coeur en Lui s'abandonne Il te fera régner toujours. Après la nuit de cette vie Invitée par Son doux Regard Dans le Ciel ton âme ravie Volera sans aucun retard! La nuit de Noël 1894 (Air du cantique: Sur le grand mât d'une corvette) A Notre Père Saint Joseph. Joseph, votre admirable vie S'est passée dans la pauvreté, Mais, de Jésus et de Marie Vous contempliez la beauté. Refrain Joseph, ô tendre Père Protégez le Carmel Que vos enfants sur cette terre (bis) Goûtent toujours la paix du Ciel! (bis) Le Fils de Dieu, dans son enfance Plus d'une fois avec bonheur, Soumis à votre obéissance S'est reposé sur votre coeur. Comme vous dans la solitude Nous servons Marie et Jésus Leur plaire est notre seule étude Nous ne désirons rien de plus... Sainte Thérèse notre Mère Vous invoquait avec amour Elle assure que sa prière Vous l'avez exaucée toujours. Après l'exil de cette vie Nous en avons le doux espoir Avec notre Mère chérie Saint Joseph, nous irons vous voir. Dernier Refrain Bénissez, tendre Père Notre petit Carmel Après l'exil de cette terre . (bis) Réunissez-nous dans le Gel! (bis) (Air: Nous voulons Dieu) L'Atome Du Sacré-Coeur. Refrain Ton atome, Divin coeur Te donne sa vie Voilà sa paix, son bonheur Te charmer, Seigneur. Je suis à ta porte La nuit et le jour Ta grâce me porte Vive ton amour!... O cache ta gloire Fais-moi un doux nid Dans le saint Ciboire Le jour et la nuit. Ton aile, ô merveille! Devient mon abri Quand je me réveille Jésus, tu souris... Ton regard m'enflamme Mon unique amour, Consume mon âme Jésus, sans retour. Remplie de tendresse Ta voix me ravit Et ton coeur me presse O mon doux Ami!... Ta main me soulage Et me sert d'appui. Tu rends le courage Au coeur qui gémit. De toute fatigue Console mon coeur. Et pour le prodigue Sois le Bon Pasteur. Oh! le doux spectacle Prodige d'amour Dans le tabernacle Je reste toujours. Dégagée du monde Et sans nul appui Ta grâce m'inonde Mon unique ami!... Oh! quel doux martyre Je brûle d'amour Vers toi je soupire Jésus, chaque jour!... Chant De Reconnaissance De La Fiancée De Jésus. Air - Oh! Saint Autel. Tu m'as cachée pour toujours en ta Face! Divin Jésus, daigne écouter ma voix Je viens chanter l'inexprimable grâce D'avoir souffert... d'avoir porté la Croix J'ai bu longtemps au calice des larmes J'ai partagé ta coupe de douleurs Et j'ai compris que souffrir a des charmes Que par la Croix on sauve les pécheurs. C'est par la Croix que mon âme agrandie A vu s'ouvrir un horizon nouveau. Sous les rayons de ta Face Bénie Mon faible coeur s'est élevé bien haut. Mon Bien-Aimé, ta douce voix m'appelle Viens, me dis-tu, déjà l'hiver a fui Pour toi commence une saison nouvelle Enfin le jour va remplacer la nuit. Lève les yeux vers la Sainte Patrie Et tu verras sur des trônes d'honneur Un Père aimé.... Une Mère chérie.. Auxquels tu dois ton immense bonheur!... Comme un instant s'écoulera ta vie Sur le Carmel on est tout près des Cieux Ma bien-aimé, mon amour t'a choisie Je te réserve un trône glorieux! (5 Février 1895) Vivre D'Amour! (Air du cantique. - Il est à moi.) Au soi d'Amour, parlant sans parabole Jésus disait: «Si quelqu'un veut m'aimer «Toute sa vie, qu'il garde ma Parole «Mon Père et moi viendrons le visiter. «Et de son coeur faisant notre demeure «Venant à lui, nous l'aimerons toujours!... «Rempli de paix, nous voulons qu'il demeure «En notre Amour!...» Vivre d'Amour, c'est te garder Toi-Même Verbe incréé, Parole de mon Dieu. Ah! tu le sais, Divin Jésus, je t'aime L'Esprit d'Amour m'embrase de son feu C'est en t'aimant que j'attire le Père Mon faible coeur le garde sans retour. O Trinité! vous êtes Prisonnière De mon Amour! Vivre d'Amour, c'est vivre de ta vie, Roi glorieux, délice des élus. Tu vis pour moi, caché dans une hostie Je veux pour toi me cacher, ô Jésus! A des amants il faut la solitude Un coeur à coeur qui dure nuit et jour Ton seul regard fait ma béatitude Je vis d'Amour! Vivre d'Amour, ce n'est pas sur la terre Fixer sa tente au sommet du Thabor. Avec Jésus, c'est gravir le Calvaire, C'est regarder la croix comme un trésor!... Au Ciel je dois vivre de jouissance Alors l'épreuve aura fui pour toujours Mais exilée je veux dans la souffrance Vivre d'Amour . Vivre d'Amour, c'est donner sans mesure Sans réclamer de salaire ici-bas Ah! sans compter je donne étant bien sûre Que lorsqu'on aime, on ne calcule pas!... Au Coeur Divin, débordant de tendresse J'ai tout donné.... légèrement je cours Je n'ai plus rien que ma seule richesse Vivre d'Amour. Vivre d'Amour, c'est bannir toute crainte Tout souvenir des fautes du passé. De mes péchés je ne vois nulle empreinte, En un instant l'amour a tout brûlé... Flamme divine, ô très douce Fournaise! En ton foyer je fixe mon séjour C'est en tes feux que je chante à mon aise: «Je vis d'Amour!...» Vivre d'Amour, c'est garder en soi-même Un grand trésor en un vase mortel Mon Bien-Aimé, ma faiblesse est extrême Ah je suis loin d'être un ange du ciel! Mais si je tombe à chaque heure qui passe Me relevant tu viens à mon secours, A chaque instant tu me donnes ta grâce Je vis d'Amour. Vivre d'Amour, c'est naviguer sans cesse Semant la paix, la joie dans tous les coeurs Pilote Aimé, la Charité me presse Car je te vois dans les âmes mes soeurs La Charité voilà ma seule étoile A sa clarté je vogue sans détour J'ai ma devise écrite sur ma voile: «Vivre d'Amour.» Vivre d'Amour, lorsque Jésus sommeille C'est le repos sur les flots orageux Oh! ne crains pas, Seigneur, que je t'éveille J'attends en paix le rivage des cieux... La Foi bientôt déchirera son voile Mon Espérance est de te voir un jour La Charité enfle et pousse ma voile Je vis d'Amour! Vivre d'Amour, c'est, ô mon Divin Maître Te supplier de répandre tes Feux En l'âme sainte et sacrée de ton Prêtre Qu'il soit plus pur qu'un séraphin des cieux! Ah! glorifie ton Eglise Immortelle A mes soupirs, Jésus, ne sois pas sourd Moi son enfant, je m'immole pour elle Je vis d'Amour. Vivre d'Amour, c'est essuyer ta Face C'est obtenir des pécheurs le pardon O Dieu d'Amour! qu'ils rentrent dans ta grâce Et qu'à jamais ils bénissent ton Nom... Jusqu'à mon coeur retentit le blasphème Pour l'effacer, je veux chanter toujours: «Ton Nom Sacré, je l'adore et je l'Aime Je vis d'Amour!...» Vivre d'Amour, c'est imiter Marie, Baignant de pleurs, de parfums précieux, Tes pieds divins, qu'elle baise ravie Les essuyant avec ses longs cheveux Puis se levant, elle brise le vase Ton Doux Visage elle embaume à son tour. Moi, le parfum dont j'embaume ta Face C'est mon Amour! «Vivre d'Amour, quelle étrange folie!» Me dit le monde, «Ah! cessez de chanter, «Ne perdez pas vos parfums, votre vie, «Utilement sachez les employer!...» T'aimer, Jésus, quelle perte féconde!... Tous mes parfums sont à toi sans retour, Je veux chanter en sortant de ce monde: «Je meurs d'Amour!» Mourir d'Amour c'est un bien doux martyre Et c'est celui que je voudrais souffrir. O Chérubins! accordez votre lyre, Car je le sens, mon exil va finir!.... Flamme d'Amour, consume-moi sans trêve Vie d'un instant, ton fardeau m'est bien lourd! Divin Jésus, réalise mon rêve: Mourir d'Amour!... Mourir d'Amour, voilà mon espérance Quand je verrai se briser mes liens Mon Dieu sera ma Grande Récompense Gn 15,1) Je ne veux point posséder d'autres biens. De son Amour je veux être embrasée Je veux Le voir, m'unir à Lui toujours Voilà mon Ciel.... voilà ma destinée: Vivre d'Amour!!!..... Le Cantique De Céline. Oh! que j'aime la souvenance Des jours bénis de mon enfance.... Pour garder la fleur de mon innocence Le Seigneur m'entoura toujours D'amour!... Aussi, malgré ma petitesse J'étais bien remplie de tendresse Et de mon coeur s'échappa la promesse D'épouser le Roi des élus Jésus!... J'aimais au printemps de ma vie Saint Joseph, la Vierge Marie Déjà mon âme se plongeait ravie Quand se reflétaient dans mes yeux Les Cieux!... J'aimais les champs de blé, la plaine J'aimais la colline lointaine Oh! dans ma joie je respirais à peine En moissonnant avec mes soeurs Les fleurs. J'aimais à cueillir les herbettes Les bluets... toutes les fleurettes Je trouvais le parfum des violettes Et surtout celui des coucous Bien doux... J'aimais la pâquerette blanche Les promenades du Dimanche Les petits oiseaux chantant sur la branche Et l'azur toujours radieux Des Cieux. J'aimais à poser chaque année Mon soulier dans la cheminée Accourant dés que j'étais éveillée Je chantais la fête du Ciel Noël!... De Maman j'aimais le sourire; Son regard profond semblait dire: «L'Eternité me ravit et m'attire... Je vais aller dans le Ciel bleu Voir Dieu! «Je vais trouver en la Patrie «Mes anges.. la Vierge Marie «De mes enfants que je laisse en la vie «A Jésus j'offrirai les pleurs... «Les coeurs!...» Oh! que j'aimai Jésus-Hostie Qui vint au matin de ma vie Se fiancer à mon âme ravie Oh! que j'ouvris avec bonheur Mon coeur!... Plus tard j'aimai la créature Qui me paraissait être pure Cherchant partout le Dieu de la nature En Lui je trouvai pour jamais La paix!... Oh! que j'aimais au belvéde Inondé de joie, de lumière A recevoir les caresses d'un Père A contempler ses blancs cheveux Neigeux... Sur ses genoux étant placée Avec Thérèse à la veillée Je m'en souviens, j'étais longtemps bercée, J'entends encor de son doux chant L'accent!... O souvenir! tu me reposes Tu me rappelles bien des choses... Les soupers du soir... Le parfum des roses!... Les buissonnets pleins de gaîté L'été!..... J'aimais à l'heure où le jour baisse A pouvoir confondre à mon aise Mon âme avec celle de ma Thérèse Je ne formais avec ma soeur Qu'un coeur... Alors nos voix étaient mêlées Nos mains l'une à l'autre enchaînées Ensemble chantant les Noces Sacrées Déjà nous rêvions le Carmel.... Le Ciel De la Suisse et de l'Italie Ciel bleu, fruits d'or m'avaient ravie J'aimais surtout le regard plein de vie Du Saint Vieillard pontife-roi Sur moi.... Avec amour je t'ai baisée Terre bénie du Colysée!... Des catacombes la voûte sacrée A répété bien doucement Mon chant. Après les joies vinrent les larmes!... Bien grandes furent mes alarmes... De mon Epoux je revêtis les armes Et sa Croix devint mon soutien Mon bien..... Ah!I longtemps je fus exilée Privée de ma famille aimée Et je n'avais, pauvre biche blessée Que le seul églantier fleuri D'abri!....... Mais un soir mon âme attendrie Vit le sourire de Marie Et de son sang une goutte bénie Pour moi se changea (quel bienfait!) En lait!.... Alors j'aimai fuyant le monde Que l'écho lointain me réponde!... En la vallée solitaire et féconde, Je cueillais à travers mes pleurs Les fleurs!... J'aimais de la lointaine église Entendre la cloche indécise Pour écouter les soupirs de la brise Dans les champs j'aimais à m'asseoir Le soir. J'aimais le vol des hirondelles, Le chant plaintif des tourterelles, J'écoutais des insectes les bruits d'ailes Aimant de leur bourdonnement Le chant. J'aimais la rosée matinale Et la gracieuse cigale J'aimais à voir l'abeille virginale Qui préparait dès son réveil Le miel. J'aimais à cueillir la bruyère Courant sur la mousse légère Je prenais voltigeant sur la fougère Les papillons au reflet pur D'azur. J'aimais le ver luisant dans l'ombre J'aimais les étoiles sans nombre Surtout j'aimais l'éclat en l'azur sombre De la lune au disque d'argent Brillant. J'aimais à combler de tendresse Mon petit Père en sa vieillesse Il m'était tout... bonheur... enfant... richesse!... Ah! je l'embrassais tendrement Souvent. Nous aimions le doux bruit de l'onde Entendre l'orage qui gronde Le soir en la solitude profonde Du rossignol au fond du bois La voix!... Mais un matin son beau visage Du Crucifix chercha l'image.... De son amour il me laissa le gage Me donnant son Dernier regard.... «Ma part!» Et de Jésus la main divine Prit le seul trésor de Céline Et l'emportant bien loin de la colline Le plaça près de l'Eternel Au Ciel!... Maintenant je suis prisonnière J'ai fui les bosquets de la terre J'ai vu que tout en elle est éphémère . J'ai vu mon bonheur se flétrir Mourir!............. Sous mes pas l'herbe s'est meurtrie!... La fleur en mes mains s'est flétrie!... Jésus, je veux courir en ta prairie Sur elle ne marqueront pas Mes pas...... Comme un cerf en sa soif ardente Soupire après l'eau jaillissante, O Jésus! vers toi j'accours défaillante, Il faut pour calmer mes ardeurs Tes pleurs!... C'est ton amour seul qui m'entraîne. Mon troupeau je laisse en la plaine De le garder je ne prends pas la peine, Je veux plaire à mon seul Agneau Nouveau. Jésus, c'est toi, l'Agneau que j'aime Tu me suffis, ô bien suprême! En toi, j'ai tout, la terre et le Ciel même La Fleur que je cueille, ô mon Roi C'est toi!... Jésus, beau Lys de la vallée Ton doux parfum m'a captivé! Bouquet de myrrhe, ô corolle embaumée! Sur mon coeur je veux te garder T'aimer... Toujours ton amour m'accompagne En toi, j'ai les bois, la campagne J'ai les roseaux, la prairie, la montagne Les pluies et le flocon neigeux Des Cieux. En toi, Jésus, j'ai toutes choses J'ai les blés, les fleurs demi-closes Myosotis, bouton d'or, belles roses Du blanc muguet j'ai la fraîcheur L'odeur!.... J'ai la lyre mélodieuse La solitude harmonieuse Fleuves, rochers, cascade gracieuse Daim léger, gazelle, écureuil Chevreuil. J'ai l'arc-en-ciel, la neige pure Le vaste horizon, la verdure Les îles lointaines... La moisson mure Les papillons, le gai printemps Les champs. En ton amour, je trouve encore Les palmiers que le soleil dore La nuit pareille au lever de l'aurore, Le doux murmure du ruisseau, L'oiseau. J'ai les grappes délicieuses, Les libellules gracieuses, La foret vierge aux fleurs mystérieuses, J'ai tous les blonds petits enfants Leurs chants. En toi, j'ai sources et colline Lianes, pervenche, aubépine Frais nénuphars, chèvrefeuille, églantine Le frisilis du peuplier Léger. J'ai l'avoine folle et tremblante, Des vents la voix grave et puissante, Le fil de la Vierge, la flamme ardente Le zéphir, les buissons fleuris, Les nids. J'ai le beau lac, j'ai la vallée Solitaire et toute boisée De l'océan j'ai la vague argentée Poissons dorés, trésors divers Des mers. J'ai le vaisseau fuyant la plage, Le sillon d'or et le rivage J'ai du soleil festonnant le nuage Alors qu'il disparaît des Cieux Les feux. En toi, j'ai la colombe pure. En toi, sous ma robe de bure Je trouve bague, colliers et parure Joyaux, perles et diamants Brillants. En toi j'ai la brillante étoile, Souvent ton amour se dévoile Et j'aperçois comme à travers un voile Quand le jour est sur son déclin Ta main. Toi dont la main soutient les mondes Qui plantes les forêts profondes, Toi qui d'un seul coup d'oeil les rend fécondes Tu me suis d'un regard d'amour Toujours J'ai ton Coeur, ta Face adorée Ton doux regard qui m'a blessé J'ai le baiser de ta bouche sacrée Je t'aime et ne veux rien de plus Jésus. J'irai chanter avec les anges De l'amour sacré les louanges Fais-moi voler bientôt en leurs phalanges O Jésus! que je meure un jour D'amour!... Attiré par la douce flamme Le papillon vole et s'enflamme. Ainsi ton amour attire mon âme C'est en lui que je veux voler Brûler!... Je l'entends déjà qui s'apprête Mon Dieu, ton éternelle fête Aux saules prenant ma harpe muette, Sur tes genoux je vais m'asseoir Te voir! Près de Toi, je vais voir Marie Les Saints.... ma famille chérie!... Je vais après l'exil de cette vie Retrouver le toit Paternel Au Ciel!....... Qui A Jésus A Tout. (Air: Combien j'ai douce souvenance.) Méprisant les joies de la terre Je suis devenue prisonnière J'ai vu que tout plaisir est éphémère C'est toi mon unique bonheur Seigneur!... Sous mes pas l'herbe s'est meurtrie, La fleur en ma main s'est flétrie!... Jésus, je veux courir en ta prairie Sur elle ne marqueront pas Mes pas!... C'est ton amour seul qui m'entraîne. Mon troupeau je laisse en la plaine De le garder je ne prends pas la peine Je veux plaire à mon seul Agneau Nouveau. Jésus, c'est toi l'Agneau que j'aime. Tu me suffis, ô Bien suprême! En toi j'ai tout, la terre et le Ciel même La Fleur que je cueille, ô mon Roi! Cest Toi!... En toi, j'ai la belle nature. J'ai l'arc-en-ciel, la neige pure Les îles lointaines, la moisson mûre Les papillons, le gai printemps Les champs. J'ai le vaisseau fuyant la plage Le sillon d'or et le rivage J'ai du soleil festonnant le nuage Alors qu'il disparaît des cieux Les feux. Toi dont la main soutient les mondes Qui plantes les forêts profondes Toi qui d'un seul coup d'oeil les rends fécondes Tu me suis d'un regard d'Amour Toujours! Attiré par la douce flamme Le papillon vole et s'enflamme Ainsi ton amour attire mon âme C'est en lui que je veux voler Brûler! Je l'entends déjà qui s'apprête Mon Dieu, ton éternelle fête Aux saules prenant ma harpe muette Tout près de Toi je vais m'asseoir Te voir. Avec Toi, je vais voir Marie Les Saints, ma famille chérie... Je vais après l'exil de cette vie Retrouver le toit paternel Au Ciel!... L'Atome De Jésus-Hostie. (Pensées de Sr Saint Vincent de Paul mises en vers à sa demande.) (Air: Par les chants les plus magnifiques.) Je ne suis qu'un grain de poussière Mais je veux fixer mon séjour Dans les ombres du sanctuaire Avec le Prisonnier d'Amour Ah! vers l'hostie mon âme aspire Je l'aime et ne veux rien de plus C'est le Dieu caché qui m'attire, Je suis l'atome de Jésus..... Je veux rester dans l'ignorance Dans l'oubli de tout le créé Et consoler par mon silence L'Hôte du ciboire sacré. Oh! je voudrais sauver les âmes, Des pécheurs faire des élus... D'un apôtre donnez les flammes A votre atome, doux Jésus!.... Si je suis méprisée du monde, S'il me regarde comme un rien, Une paix divine m'inonde Car j'ai l'hostie pour mon soutien, Quand je m'approche du ciboire Tous mes soupirs sont entendus Etre un néant, voilà ma gloire, Je suis l'atome de Jésus... Parfois lorsque le Ciel est sombre L'atome ne pouvant voler Il aime se cachant dans l'ombre A la porte d'or s'attacher, Alors la Divine lumière Qui réjouit tous les élus Vient réchauffer sur cette terre Le pauvre atome de Jésus... Sous les chauds rayons de la grâce L'atome devient scintillant Quand la légère brise passe Il se balance doucement... Oh! quel ineffable délice Quels bienfaits n'a-t-il pas reçus?... Jusqu'auprès de l'hostie se glisse Le pauvre atome de Jésus..... Se consumant près de l'hostie Dans le tabernacle d'amour Ainsi s'écoulera ma vie En attendant le dernier jour Quand l'épreuve sera finie Volant au séjour des élus L'Atome de l'Eucharistie Brillera près de son Jésus! Mon Ciel Ici-Bas! (Air: Mignon sur la rive étrangère.) Jésus, ton ineffable image Est l'astre qui guide mes pas Ah! tu le sais. ton doux Visage Est pour moi le Ciel ici-bas. Mon amour découvre les charmes De ta Face embellie de pleurs Je souris à travers mes larmes Quand je contemple tes douleurs.... Oh! je veux pour te consoler Vivre ignorée sur cette terre! Ta beauté que tu sais voiler Me découvre tout son mystère. Vers toi je voudrais m'envoler! Ta Face est ma seule Patrie Elle est mon Royaume d'amour Elle est ma riante Prairie Mon doux Soleil de chaque jour Elle est le Lys de la vallée Dont le parfum mystérieux Console mon âme exilée Lui fait goûter la paix des Cieux. Elle est mon Repos, ma Douceur Et ma mélodieuse Lyre.... Ton Visage, ô mon doux Sauveur Est le Divin bouquet de Myrrhe Que je veux garder sur mon coeur!... Ta Face est ma seule richesse Je ne demande rien de plus En elle me cachant sans cesse Je te ressemblerai, Jésus Laisse en moi la Divine empreinte De tes Traits remplis de douceurs Et bientôt, je deviendrai sainte Vers toi j'attirerai les coeurs. Afin que je puisse amasser Une belle moisson dorée De tes feux daigne m'embraser. Bientôt de ta Bouche adorée Donne-moi l'éternel Baiser! 12 Août 1895. Cantique D'Une Ame Ayant Trouvé Le Lieu De Son Repos! (Air: Connais-tu le pays.) O Jésus! en ce jour, tu brises mes liens C'est dans l'ordre béni de la Vierge Marie Que je pourrai trouver les véritables biens. Seigneur, si j'ai quitté ma famille chérie Tu sauras la combler de célestes faveurs A moi, tu donneras le pardon des pécheurs.... Jésus, au Carmel je veux vivre Puisqu'en cet oasis ton amour m'appela C'est là (bis) que je veux te suivre T'aimer, t'aimer et mourir C'est là que je veux te suivre C'est là, oui c'est là!...... O Jésus! en ce jour, tu combles tous mes voeux Je pourrai désormais, près de l'Eucharistie M'immoler en silence, attendre en paix les Cieux. M'exposant aux rayons de la Divine Hostie A ce foyer d'amour, je me consumerai Et comme un séraphin, Seigneur, je t'aimerai. Jésus, bientôt je dois te suivre Au rivage éternel, quand finiront mes jours Toujours (bis) au Ciel je dois vivre T'aimer et ne plus mourir.; Toujours au Ciel je dois vivre Toujours, oui toujours!... -A ma Mère Chérie le Bel Ange de mon enfance Le 7 Septembre 1895. A Ma Mère Chérie Le Bel Ange De Mon Enfance. Bien loin du beau Ciel ma Patrie Je ne suis pas seule ici-bas, Car en l'exil de cette vie Un bel ange guide mes pas. Ce bel Ange, ô Mère chérie! A chanté près de mon berceau. Et l'accent de sa mélodie Me parait encor tout nouveau. Il chantait de Jésus les charmes Il chantait la joie d'un c ur pur De son aile séchant mes larmes Il chantait le beau Ciel d'azur. Il chantait la Toute-Puissance Qui fit l'astre d'or et la fleur Il chantait le Dieu de l'enfance Qui des lys garde la blancheur. Il chantait la Vierge Marie, L'azur de son vaste manteau. Et la colline et la prairie Où les vierges suivent l'Agneau. Ce bel Ange, ô profond mystère! M'appelait sa petite soeur Il avait les traits d'une Mère Et je reposais sur son coeur! A l'ombre de ses blanches ailes, Je grandissais rapidement, Déjà les rives éternelles Avaient ravi mes yeux d'enfant. J'aurais voulu quittant la terre Avec l'Ange voler aux Cieux Et voir la Divine lumière Nous environner tous les deux. Mais, hélas! un jour le bel Ange Au lieu de m'emporter au Ciel Cherchant des vierges la phalange, Prit son essor vers le Carmel! Ah! que j'aurais voulu le suivre, Contempler de près ses vertus. De sa vie je désirais vivre, Comme lui, m'unir à Jésus. Oh! bonheur sans aucun mélange Jésus exauça tous mes voeux Au Carmel près de mon bel Ange Je n'attends plus rien que les Cieux! Et maintenant sa mélodie Je puis l'entendre chaque jour A sa voix, mon âme ravie S'embrase du feu de l'Amour. Mère, l'Amour donne des ailes Bientôt je pourrai m'envoler Vers les Collines Eternelles Où Jésus daigne m'appeler Mais sur cette plage étrangère Sans quitter la Céleste Cour Je descendrai près de ma Mère Pour être son ange à mon tour. Pour moi le Ciel serait sans charmes Si je ne puis vous consoler En sourires changer vos larmes Tous mes secrets vous dévoiler! De la joie Céleste et profonde Sans vous je ne saurais jouir Vous laisser longtemps en ce monde Oh! je ne pourrais le souffrir!... Nous volerons dans la Patrie De l'autre côté du Ciel bleu Ensemble, ô ma Mère chérie! Toujours, nous verrons le Bon Dieu!!! - Au Sacré Coeur de Jésus. Au Sacré Coeur De Jésus. (Air: Quand viendra Noël.) Au sépulcre saint, Marie-Madeleine Cherchant son Jésus, se baissait en pleurs Les anges voulaient adoucir sa peine Mais rien ne pouvait calmer ses douleurs. Ce n'était pas vous, lumineux archanges Que cette âme ardente venait chercher Elle voulait voir Le Seigneur des anges Le prendre en ses bras, bien loin l'emporter..... Auprés du tombeau, restée la dernière Elle était venue bien avant le jour Son Dieu vint aussi, voilant sa lumière Marie ne pouvait le vaincre en amour! Lui montrant d'abord sa Face Bénie Bientôt un seul mot jaillit de son Coeur Murmurant le nom si doux de: Marie Jésus lui rendit la paix, le bonheur. ...................................... Un jour, ô mon Dieu, comme Madeleine. J'ai voulu te voir, m'approcher de toi Mon regard plongeait dans l'immense plaine Dont je recherchais le Maître et le Roi Et je m'écriais, voyant l'onde pure, L'azur étoilé, la fleur et l'oiseau: «Si je ne vois Dieu, brillante nature, «Tu n'es rien pour moi, qu'un vaste tombeau. «J'ai besoin d'un coeur brûlant de tendresse «Restant mon appui sans aucun retour «Aimant tout en moi, même ma faiblesse... a Ne me quittant pas, la nuit et le jour.» Je n'ai pu trouver nulle créature Qui m'aimât toujours, sans jamais mourir Il me faut un Dieu prenant ma nature Devenant mon frère et pouvant souffrir! Tu m'as entendue, seul Ami que j'aime Pour ravir mon coer, te faisant mortel Tu versas ton sang, mystère suprême!... Et tu vis encor pour moi sur l'Autel. Si je ne puis voir l'éclat de ta Face, Entendre ta voix remplie de douceur Je puis, ô mon Dieu, vivre de ta grâce Je puis reposer sur ton Sacré Coeur! O Coeur de Jésus, trésor de tendresse C'est toi mon bonheur, mon unique espoir, Toi qui sus charmer ma tendre jeunesse Reste auprès de moi jusqu'au dernier soir Seigneur, à toi seul j'ai donné ma vie Et tous mes désirs te sont bien connus C'est en ta bonté toujours infinie Que je veux me perdre, ô Coeur de Jésus! Ah! je le sais bien, toutes nos justices N'ont devant tes yeux aucune valeur Pour donner du prix à mes sacrifices Je veux les jeter en ton Divin Coeur Tu n'as pas trouvé tes anges sans tache Au sein des éclairs tu donnas ta loi! En ton Coeur Sacré, Jésus, je me cache Je ne tremble pas, ma vertu, c'est Toi! Afin de pouvoir contempler ta gloire Il faut, je le sais, passer par le feu Et moi je choisis pour mon purgatoire Ton Amour brûlant ô Coeur de mon Dieu! Mon âme exilée quittant cette vie Voudrait faire un acte de pur amour Et puis s'envolant au Ciel sa Patrie Entrer dans ton Coeur sans aucun détour. ....................................... Jésus Mon Bien-Aimé, Rappelle-Toi! (Air: Rappelle-toi.) «Ma fille, recherche celles de mes paroles qui respirent le plus d'amour; Ecris-les, et puis les gardant précieusement comme des reliques, aie soin de les relire souvent. Quand un ami veut réveiller au coeur de son ami la vivacité première de son affection, il lui dit: Souviens-toi de ce que tu éprouvais, quand tu me dis un jour telle parole, ou bien: Te rappelles-tu de tes sentiments à telle époque, un tel jour, en un tel lieu?... Crois-le donc, les plus précieuses reliques de moi sur la terre sont les paroles de mon amour, les paroles sorties de mon très doux Coeur.» (Paroles de Notre Seigneur à Sainte Gertrude.) Rappelle toi de la gloire du Père Rappelle-toi des divines splendeurs Que tu quittas t'exilant sur la terre Pour racheter tous les pauvres pécheurs O Jésus! t'abaissant vers la Vierge Marie Tu voilas ta grandeur et ta gloire infinie Ah! du sein maternel Qui fut ton second Ciel Rappelle-toi. Rappelle-toi qu'au jour de ta naissance Quittant le Ciel les Anges ont chanté: «A notre Dieu, gloire, honneur et puissance «Et paix aux coeurs de bonne volonté.» Depuis dix-neuf cents ans tu tiens à ta promesse Seigneur, de tes enfants la paix est la richesse Pour goûter à jamais Ton ineffable paix Je viens à toi. Je viens à toi, cache-moi dans tes langes En ton berceau je veux rester toujours Là je pourrai chantant avec les anges Te rappeler tes joies des premiers jours O Jésus! souviens-toi des bergers et des mages Qui t'offrirent joyeux leurs coeurs et leurs hommages Du cortège innocent Qui te donna son sang Rappelle-toi. Rappelle-toi que les bras de Marie Tu préféras à ton trône royal Petit Enfant, pour soutenir ta vie Tu n'avais rien que le lait virginal A ce festin d'amour que te donne ta Mère Oh! daigne m'inviter, Jésus mon petit Frère. Que ta petite soeur A fait battre ton coeur Rappelle-toi!... Rappelle-toi que tu nommas ton père L'humble Joseph qui par l'ordre du Ciel Sans t'éveiller, sur le sein de ta mère Sut t'arracher aux fureurs d'un mortel. Verbe Dieu, souviens-toi de ce mystère étrange Tu gardas le silence et fis parler un ange! De ton lointain exil Sur les rives du Nil Rappelle-toi . Rappelle-toi que sur d'autres rivages Les astres d'or et la lune d'argent Que je contemple en l'azur sans nuages Ont réjoui, charmé tes yeux d'Enfant. De ta petite main qui caressait Marie Tu soutenais le monde et lui donnais la vie. Et tu pensais à moi, Jésus, mon petit Roi Rappelle-toi... Rappelle-toi que dans la solitude Tu travaillais de tes divines mains Vivre oublié fut ta plus douce étude Tu rejetas le savoir des humains O Toi! qui d'un seul mot pouvais charmer le monde Tu te plus à cacher ta sagesse profonde. Tu parus ignorant. O Seigneur Tout-Puissant! Rappelle-toi....... Rappelle-toi qu'étranger sur la terre, Tu fus errant, toi Le Verbe Eternel, Tu n'avais rien... non, pas même une pierre Pas un abri, comme l'oiseau du ciel... O Jésus! viens en moi, viens reposer ta Tête, Viens, à te recevoir mon âme est toute prête Mon Bien-Aimé Sauveur Repose dans mon coeur Il est à Toi... Rappelle-toi des divines tendresses Dont tu comblas les plus petits enfants Je veux aussi recevoir tes caresses Ah! donne-moi tes baisers ravissants Pour jouir dans les Cieux de ta douce présence Je saurai pratiquer les vertus de l'enfance N'as-tu pas dit souvent: «Le Ciel est pour l'enfant?...» Rappelle-toi. Rappelle-toi qu'au bord de la fontaine Un Voyageur fatigué du chemin Fit déborder sur la Samaritaine Les flots d'amour que renfermait son sein Ah! je connais celui qui demandait à boire Il est Le Don de Dieu, la source de la gloire, C'est Lui, L'Eau qui jaillit C'est Lui qui nous a dit: «Venez à moi.» «Venez à moi, pauvres âmes chargées, «Vos lourds fardeaux bientôt s'allégeront «Et pour jamais étant désaltérée «De votre sein des sources jailliront.» J'ai soif, ô mon Jésus! cette Eau je la réclame De ses torrents divins daigne inonder mon âme Pour fixer mon séjour En l'Océan d'Amour Je viens à toi. Rappelle-toi qu'enfant de la lumière Souvent j'oublie de bien servir mon Roi. Oh! prends pitié de ma grande misère Dans ton amour, Jésus, pardonne-moi, Aux affaires du Ciel daigne me rendre habile Montre-moi les secrets cachés dans l'Evangile Ah! que ce Livre d'or Est mon plus cher trésor Rappelle-toi. Rappelle-toi que ta divine Mère A sur ton Coeur un pouvoir merveilleux Rappelle-toi qu'un jour à sa prière Tu changeas l'eau en vin délicieux Daigne aussi transformer mes oeuvres imparfaites A la voix de Marie, Seigneur, rends-les parfaites Que je suis son enfant O Jésus! bien souvent Rappelle-toi. Rappelle-toi que souvent les collines Tu gravissais au coucher du soleil Rappelle-toi tes oraisons divines Tes chants d'amour à l'heure du sommeil Ta prière, ô mon Dieu, je l'offre avec délice Pendant mes oraisons, et puis au saint office Là tout prends de ton Coeur Je chante avec bonheur: Rappelle-toi!... Rappelle-toi que voyant la campagne Ton Divin Coeur devançait les moissons Levant les yeux vers la sainte montagne Ps 121,1) De tes élus tu murmurais les noms.... Afin que ta moisson soit bientôt recueillie Chaque jour, o mon Dieu, je m'immole et je prie Que mes joies et mes pleurs Sont pour tes Moissonneurs Rappelle-toi.... Rappelle-toi de la fête des Anges, Rappelle-toi de l'harmonie des Cieux Et de la joie des sublimes phalanges Lorsqu'un pécheur vers toi lève les yeux Ah! je veux augmenter cette grande allégresse Jésus, pour les pécheurs, je veux prier sans cesse Que je vins au Carmel Pour peupler ton beau Ciel Rappelle-toi....... Rappelle-toi de la très douce Flamme Que tu voulais allumer dans les coeurs Ce Feu du Ciel, tu l'as mis en mon âme Je veux aussi répandre ses ardeurs Une faible étincelle, ô mystère de vie Suffit pour allumer un immense incendie Que je veux, ô mon Dieu Porter au loin ton Feu Rappelle-toi. Rappelle-toi de ce festin splendide Que tu donnas à ton fils repentant Rappelle-toi que pour l'âme candide Tu la nourris Toi-Même à chaque instant Jésus avec amour tu reçois le prodigue Mais les flots de ton Coeur pour moi n'ont pas de digue Mon Bien-Aimé, mon Roi Que tes biens sont à moi Rappelle-toi. Rappelle-toi que méprisant la gloire En prodiguant tes miracles divins Tu t'écriais: «Comment pouvez-vous croire, «Vous qui cherchez l'estime des humains?... «Les oeuvres que je fais vous semblent surprenantes «Mes amis en feront de bien plus éclatantes...» Que tu fus humble et doux Jésus, mon tendre Epoux Rappelle-toi. Rappelle-toi qu'en une sainte ivresse L'Apôtre-Vierge approcha de ton Coeur En son repos il connut ta tendresse Tous tes secrets, il les comprit, Seigneur... De ton disciple aimé je ne suis point jalouse Je connais tes secrets, car je suis ton épouse O mon divin Sauveur Je m'endors sur ton Coeur Il est à moi!... Rappelle-toi qu'au soir de l'agonie Avec ton sang se mêlèrent tes pleurs Rosée d'amour, sa valeur infinie A fait germer de virginales fleurs Un ange te montrant cette moisson choisie Fit renaître la joie sur ta Face bénie Jésus, que tu me vis Au milieu de tes lys Rappelle-toi. Rappelle-toi que ta Rosée féconde Virginisant les corolles des fleurs Les a rendues capables dès ce monde De t'enfanter un grand nombre de Coeurs Je suis vierge, ô Jésus! cependant quel mystère En m'unissant à toi, des âmes je suis mère Des virginales fleurs Qui sauvent les pécheurs Rappelle-toi. Rappelle-toi qu'abreuvé de souffrance Un Condamné se tournant vers les Cieux S'est écrié: «Bientôt, dans ma puissance «Vous me verrez paraître glorieux.» Qu'Il fût le Fils de Dieu, nul ne voulait le croire Car elle était cachée son ineffable gloire O Prince de la Paix Moi je te reconnais Je crois en toi! Rappelle-toi que ton divin Visage Parmi les tiens fut toujours inconnu Mais tu laissas pour moi ta douce image Et tu le sais, je t'ai bien reconnu Oui, je te reconnais, toute voilée de larmes Face de l'Eternel, je découvre tes charmes. Jésus, de tous les coeurs Qui recueillent tes pleurs Rappelle-toi. Rappelle-toi de l'amoureuse plainte Qui sur la croix s'échappa de ton Coeur Ah! dans le mien, Jésus, elle est empreinte Et de ta soif je partage l'ardeur Plus je me sens brûlée de tes divines flammes Plus je suis altérée de te donner des âmes Que d'une soif d'amour Je brûle nuit et jour Rappelle-toi. Rappelle-toi, Jésus, Verbe de Vie Que tu m'aimas jusqu'à mourir pour moi Je veux aussi t'aimer à la folie Je veux aussi vivre et mourir pour Toi. Tu le sais, ô mon Dieu! tout ce que je désire C'est de te faire aimer et d'être un jour martyre. D'amour je veux mourir Seigneur, de mon désir Rappelle-toi.... Rappelle-toi qu'au jour de ta victoire Tu nous disais: «Celui qui n'a pas vu «Le Fils de Dieu tout rayonnant de gloire «Il est heureux, si quand même il a cru!» Dans l'ombre de la Foi, je t'aime et je t'adore O Jésus! pour te voir, j'attends en paix l'aurore Que mon désir n'est pas De te voir ici-bas Rappelle-toi..... Rappelle-toi que montant vers Le Père Tu ne pouvais nous laisser orphelins Et te faisant prisonnier sur la terre Tu sus voiler tous tes rayons divins Mais l'ombre de ton voile est lumineuse et pure Pain Vivant de la foi, Céleste Nourriture O mystère d'amour! Mon Pain de chaque jour Jésus, c'est Toi! Jésus, c'est toi qui malgré les blasphèmes Des ennemis du Sacrement d'Amour C'est toi qui veux montrer combien tu m'aimes Puisqu'en mon Coeur tu fixes ton séjour O Pain de l'exilé! Sainte et Divine Hostie Ce n'est plus moi qui vis, mais je vis de ta vie. Ton ciboire doré Entre tous préféré Jésus, c'est moi! Jésus, c'est moi, ton vivant sanctuaire Que les méchants ne peuvent profaner Reste en mon coeur, n'est-il pas un parterre Dont chaque fleur vers toi veut se tourner? Mais si tu t'éloignais, ô blanc Lys des vallées Tu le sais bien, mes fleurs seraient vite effeuillées. Toujours, mon Bien-Aimé Jésus, Lys embaumé Fleuris en moi! Rappelle-toi que je veux sur la terre Te consoler de l'oubli des pécheurs. Mon seul Amour, exauce ma prière Ah! pour t'aimer, donne-moi mille Coeurs Mais c'est encor trop peu, Jésus. Beauté suprême Donne-moi pour t'aimer ton divin Coeur Lui-Même De mon désir brûlant Seigneur, à chaque instant Rappelle-toi. Rappelle-toi que ta volonté sainte Est mon repos mon unique bonheur Je m'abandonne et je m'endors sans crainte Entre tes bras, ô mon divin Sauveur Si tu t'endors aussi lorsque l'orage gronde Je veux rester toujours dans une paix profonde Mais pendant ton sommeil Jésus, pour le réveil Prépare-moi! Rappelle-toi que souvent je soupire Après le jour du grand avènement Envoie bientôt l'ange qui doit nous dire: «Réveillez-vous, il n'y a plus de temps!...» Alors rapidement je franchirai l'espace Seigneur, tout près de toi, j'irai prendre ma place Et j'irai me cacher en ta Divine Face Qu'au séjour Eternel Tu dois être mon Ciel Rappelle-toi!... Mes Désirs Auprès De Jésus Caché Dans Sa Prison D'Amour. Composé à la demande de Sr Saint Vincent de Paul. même air que le précédent ou celui de la glose de Sr Thérèse. Petite Clef, oh je t'envie! Car tu peux ouvrir chaque jour La prison de l'Eucharistie Où réside le Dieu d'Amour. Mais je puis, ô quel doux miracle! Par un seul effort de ma foi Ouvrir aussi le tabernacle M'y cacher près du Divin Roi... Je voudrais dans le sanctuaire Me consumant près de mon Dieu Toujours briller avec mystère Comme la Lampe du Saint Lieu.... Oh! bonheur... en moi j'ai des flammes Et je puis gagner chaque jour A Jésus un grand nombre d'âmes Les embrasant de son amour... A chaque aurore, je t'envie, O Pierre Sacrée de l'Autel! Comme dans l'étable bénie Sur toi veut naître l'Eternel Ah! daigne exaucer ma prière Viens en mon âme, Doux Sauveur Bien loin d'être une froide pierre Elle est le soupir de ton Coeur! O Corporal entouré d'anges! Qu'il est enviable ton sort Sur toi comme en ses humbles langes Je vois Jésus mon seul trésor Change mon coeur, Vierge Marie En un Corporal pur et beau Pour recevoir la blanche hostie, Où se cache ton Doux Agneau. Sainte Patène, je t'envie Sur toi Jésus vient reposer Oh! que sa grandeur infinie Jusqu'à moi daigne s'abaisser Jésus comblant mon espérance De ma vie n'attend pas Ie soir Il vient en moi; par sa présence Je suis un vivant Ostensoir! Oh! que j'envie l'heureux Calice Où j'adore le Sang divin Mais je puis au Saint Sacrifice Le recueillir chaque matin. Mon âme à Jésus est plus chère Que les précieux Vases d'or L'Autel est un nouveau Calvaire Où pour moi son Sang coule encor... Jésus, Vigne sainte et sacrée, Tu le sais, ô mon Divin Roi Je suis une grappe dorée Qui doit disparaître pour toi Sous le pressoir de la souffrance Je te prouverai mon amour Je ne veux d'autre jouissance Que de m'immoler chaque jour. Ah! quelle joie, je suis choisie Parmi les grains de pur Froment Qui pour Jésus perdent la vie Bien grand est mon ravissement! Je suis ton épouse chérie, Mon Bien-Aimé, viens vivre en moi Oh! viens, ta beauté m'a ravie Daigne me transformer en Toi! Les Réponses De Ste Agnès. (Air: Dieu de paix et d'amour.) Le Christ est mon Amour, Il est toute ma vie, Il est le Fiancé qui seul ravit`mes yeux Aussi j'entends déjà de sa douce harmonie Les sons mélodieux. Il a paré ma main de perles sans pareilles, Il a paré mon cou de colliers d'un grand prix Les riches diamants qu'on voit à mes oreilles Sont un présent du Christ. Il m'a toute parée de pierres précieuses, Déjà brille à mon doigt son anneau nuptial. Il a daigné couvrir de perles lumineuses Mon manteau virginal. Je suis la fiancée de Celui que les anges Serviront en tremblant toute l'éternité. La lune et le soleil racontent ses louanges Admirent sa beauté. Son empire est le Ciel, sa nature est divine; La Vierge Immaculée pour Mère Il se choisit, Son Père est le vrai Dieu qui n'a pas d'origine, Il est un pur Esprit Lorsque j'aime le Christ et lorsque je le touche Mon coeur devient plus pur, je suis plus chaste encor. De la virginité le baiser de sa bouche M'a donné le trésor. Il a déjà posé son signe sur ma face Afin que nul amant n'ose approcher da moi Je me sens soutenue par la divine grâce De mon Aimable Roi. De son sang précieux mes joues sont colorées Je crois goûter déjà les délices du Ciel Car je puis recueillir sur ses lèvres sacrées Et le lait et le miel. Aussi je ne crains rien, ni le fer ni la flamme Non, rien ne peut troubler mon ineffable paix Et le feu de l'amour qui consume mon âme Ne s'éteindra jamais! Souvenir Du 24 Février 1896. (Air: Sur terre tout n'est pas rose.) O souvenir ineffable Du beau jour entre les jours Ta douceur incomparable Je la garderai toujours.. . A Jésus je suis unie Par les liens de l'Amour Et sa Grandeur infinie En moi fixe son séjour. Refrain I Oh! quelle inexprimable ivresse Je sens palpiter en moi Le coeur brûlant de tendresse De mon Epoux, de mon Roi. L'exil, je souffre sans peine Vivant avec mon Epoux... Elle est bien douce la chaîne Qui m'unit au Dieu Jaloux!... O Divine Jalousie, Vous avez blessé mon coeur!... Vous serez toute ma vie Mon repos et mon bonheur. Refrain II Daignez consumer tout mon être Jésus seul doit vivre en moi Désormais je ne veux être Que le voile de mon Roi!... Le Cantique Eternel Chanté Dès L'Exil. 1er Mars 1896. (Thérèse de l'Enfant Jésus de la Ste Face à sa petite soeur mille fois chérie.) Ton épouse exilée, sur la rive étrangère Peut chanter de l'Amour le cantique éternel Puisque, mon Doux Jésus, tu daignes sur la terre Du fou de ton Amour l'embraser comme au Ciel Mon Bien-Aimé, Beauté suprême A moi tu te donnes toi-même Mais en retour, Jésus, je t'aime Et ma vie n'est qu'un seul acte d'amour! Oubliant ma grande misère Tu viens habiter en mon coeur. Mon faible Amour, ah quel mystère! 1 (bis) Suffit pour t'enchaîner, Seigneur. (bis) Mon Bien-Aimé etc...... Amour qui m'enflamme Pénètre mon âme Viens, je te réclame, Viens, consume-moi. Ton ardeur me presse Et je veux sans cesse Divine fournaise M'abîmer en toi. Seigneur, la souffrance Devient jouissance Quand l'âme s'élance Vers toi sans retour. Céleste Patrie Joies de l'autre vie Mon âme ravie Vous goûte toujours. Céleste Patrie Joies de l'autre vie Vous n'êtes que l'Amour! Souvenir du 30 Avril 1896. A Notre Chère Petite Soeur. Marie de la Trinité et de la Sainte Face. Qu'il nous est doux, ô Soeur Chérie! De chanter ce jour radieux Le plus beau jour de votre vie Qui vous unit au Roi des Cieux. Ce matin, votre âme exilée S'est vue revêtue de splendeur, D'une parure immaculée En s'immolant pour le Seigneur. Autrefois regardant votre âme La Bienheureuse Trinité Vous avait marquée de sa Flamme En vous dévoilant sa beauté. Contemplant la Divine Face Vous avez senti le désir De mépriser tout ce qui passe Tout ce qui doit bientôt finir. Du monde craignant le déluge Vous avez invoqué le Ciel Il vous fit trouver un refuge Dans l'arche bénie du Carmel. Mais hélas! pauvre fugitive De l'arche il vous fallut sortir Comme la colombe plaintive Longtemps vous avez dû gémir De l'olivier le vert feuillage Vint enfin briller à vos yeux Il vous a désigné l'ombrage Du petit Carmel de Lisieux. Aussitôt franchissant l'espace Vous êtes venue réclamer Parmi nous la dernière place Voulant souffrir, voulant aimer!... Jésus en s'immolant Lui-Même Nous a dit à son dernier jour: «Donner sa vie pour ceux qu'on aime «Il n'est pas de plus grand amour.» A cette parole bénie Votre coeur s'est tout enflammé Vous avez donné vie pour vie A Jésus votre Bien-Aimé. Maintenant, heureuse victime Qui vous immolez à l'Amour Goûtez la vie, la paix intime De vous consumer chaque jour. Vers l'Amour votre âme soupire Il est votre astre lumineux L'Amour sera votre martyre L'Amour vous ouvrira les Cieux. (A notre Mère) C'est par vous, ô Mère chérie Que nous avons vu ce matin Cette blanche et nouvelle hostie S'immoler à L'Agneau Divin. Cette hostie sera votre gloire Jésus la fera resplendir Dans le mystérieux ciboire Que votre Coeur a su remplir. Glose Sur Le Divin. Composée par N.P. St Jean de la Croix et mise en vers par la plus petite de ses filles pour fêter la Profession de sa chère soeur Marie de la Trinité et de la Sainte Face. Appuyée sans aucun Appui Sans Lumière et dans les Ténèbres Je vais me consumant d'Amour.... Au monde (quel bonheur extrême) J'ai dit un éternel adieu!...... .....Elevée plus haut que moi-même Je n'ai d'autre Appui que mon Dieu. Et maintenant je le proclame Ce que j'estime près de Lui C'est de voir et sentir mon âme Appuyée sans aucun appui!.... Bien que je souffre sans Lumière En cette vie qui n'est qu'un jour Je possède au moins sur la terre La vie Céleste de l'Amour Dans le chemin qu'il me faut suivre Se rencontre plus d'un péril, Mais par Amour je veux bien vivre Dans les Ténèbres de l'exil; L'Amour, j'en ai l'expérience Du bien, du mal qu'il trouve en moi Sait profiter (quelle puissance) Il transforme mon âme en soi; Ce Feu qui brûle dans mon âme Ainsi dans sa charmante flamme Je vais me consumant d'Amour!... Le Cantique De Soeur Marie De La Trinité Et De La Sainte Face. 30 Avril 1896. Composé par sa petite Thérèse de l'Enfant Jésus. Dans ton amour, t'exilant sur la terre Divin Jésus, tu t'immolas pour moi! Mon Bien-Aimé, prends ma vie tout entière Je veux souffrir, je veux mourir pour toi... Refrain I Seigneur, tu nous l'as dit Toi-Même: «L'on ne peut rien faire de plus Que de mourir pour ceux qu'on aime» Et mon Amour suprême, C'est toi, Jésus!... Il se fait tard, déjà le jour décline Viens me guider, Seigneur, dans le chemin. Avec ta croix, je gravis la colline, Reste avec moi, Céleste Pèlerin... Refrain II Ta voix trouve écho dans mon Ame Je veux te ressembler, Seigneur. La souffrance, je la réclame Ta parole de flamme Brûle mon coeur! Elle est à toi, l'éternelle victoire, En la chantant, les anges sont ravis, Mais pour entrer dans ta sublime gloire Il a fallu, Seigneur, que tu souffris! Refrain III Pour moi, sur la rive étrangère, Quels mépris n'as-tu pas reçus? Je veux me cacher sur la terre Etre en tout la dernière Pour toi, Jésus! Mon Bien-Aimé, ton exemple m'invite A m'abaisser, à mépriser l'honneur. Pour te ravir, je veux rester petite En m'oubliant, je charmerai ton coeur. Refrain IV Ma paix est dans la solitude Je ne demande rien de plus Te plaire est mon unique étude Et ma béatitude C'est toi, Jésus!... Toi le Grand Dieu, que tout le Ciel adore Tu vis en moi, Prisonnier nuit et jour Ta douce voix à toute heure m'implore Tu me redis: «J'ai soif...j'ai soif d'Amour!...» Refrain V Je suis aussi ta prisonnière, Et je veux redire à mon tour Ta tendre et divine prière: «Mon Bien-Aimé, mon Frère J'ai soif d'Amour!...» J'ai soif d'Amour, Comble mon espérance Augmente en moi, Seigneur, ton Divin Feu J'ai soif d'Amour, bien grande est ma souffrance Ah! je voudrais voler vers toi, mon Dieu! Refrain VI Ton Amour est mon seul martyre Plus je le sens brûler en moi Et plus mon âme te désire Jésus, fais que j'expire D'Amour pour Toi!!! ... 31 Mai 1896. Mon Ciel A Moi! Fête du saint Sacrement. 7 Juin 1896. (Air: Dieu de paix et d'amour.) Pour supporter l'exil de la vallée des larmes Il me faut le regard de mon Divin Sauveur Ce regard plein d'amour m'a dévoilé ses charmes Il m'a fait pressentir le Céleste bonheur Mon Jésus me sourit quand vers Lui je soupire. Alors je ne sens plus l'épreuve de la foi Le Regard de mon Dieu, son ravissant Sourire, Voilà mon Ciel à moi!... Mon Ciel est de pouvoir attirer sur les âmes Sur l'Eglise ma mère et sur toutes mes soeurs Les grâces de Jésus et ses Divines flammes Qui savent embraser et réjouir les coeurs. Je puis tout obtenir lorsque dans le mystère Je parle coeur à coeur avec mon Divin Roi Cette douce Oraison tout près du Sanctuaire Voilà mon Ciel à moi!... Mon Ciel, il est caché dans la petite Hostie Où Jésus, mon Epoux, se voile par amour A ce Foyer Divin je vais puiser la vie Et là mon Doux Sauveur m'écoute nuit et jour «Oh! quel heureux instant lorsque dans ta tendresse «Tu viens, mon Bien-Aimé, me transformer en toi «Cette union d'amour, cette ineffable ivresse Voilà mon Ciel à moi!... Mon Ciel est de sentir en moi la ressemblance Du Dieu qui me créa de son Souffle Puissant Mon Ciel est de rester toujours en sa présence De l'appeler mon Père et d'être son enfant Entre ses bras Divins, je ne crains pas l'orage Le total abandon voilà ma seule loi. Sommeiller sur son coeur, tout près de son Visage Voilà mon Ciel à moi!... Mon Ciel, je l'ai trouvé dans la Trinité Sainte Qui réside en mon coeur, prisonnière d'amour Là, contemplant mon Dieu, je lui redis sans crainte Que je veux le servir et l'aimer sans retour. Mon Ciel est de sourire à ce Dieu que j'adore Lorsqu'Il veut se cacher pour éprouver ma foi Souffrir en attendant qu'II me regarde encore Voilà mon Ciel à moi!... (Pensées de soeur S.' Vincent de Paul mises en vers par sa toute petite soeur Thérèse de l'Enfant Jésus.) Fête Du Sacré Coeur De Jésus. 12 Juin 1896 Ce que je verrai bientôt pour la Première fois!.... Je suis encor sur la rive étrangère, Mais pressentant le bonheur éternel, Oh! je voudrais déjà quitter la terre Et contempler les merveilles du Ciel Lorsque je rêve aux joies de l'autre vie De mon exil je ne sens plus le poids Puisque bientôt vers ma seule Patrie Je volerai pour la première fois! Ah! donne-moi, Jésus, de blanches ailes Pour que vers toi je prenne mon essor Je veux voler aux rives Eternelles Je veux te voir, ô mon Divin Trésor! Je veux voler dans les bras de Marie Me reposer sur ce trône de choix, Et recevoir de ma Mère chérie Le doux Baiser pour la première fois! Mon Bien-Aimé, de ton premier sourire Fais-moi bientôt entrevoir la douceur Et laisse-moi, dans mon divin délire Ah! laisse-moi me cacher en ton coeur! Oh! quel instant! quel bonheur ineffable Quand j'entendrai le doux son de ta voix Quand je verrai de ta Face Adorable L'éclat divin pour la première fois! Tu le sais bien mon unique martyre, C`est ton amour, Coeur Sacré de Jésus. Vers ton beau Ciel, si mon âme soupire C'est pour t'aimer, t'aimer de plus en plus!.... Au Ciel, toujours enivrée de tendresse Je t'aimerai sans mesure et sans lois Et mon bonheur me paraîtra sans cesse Aussi nouveau que la première fois!!!.... La petite soeur de l'Enfant Jésus. Jeter Des Fleurs. (Air: Oui je le crois.) Jésus, mon seul Amour, au pied de ton Calvaire Que j'aime chaque soir à te jeter des Fleurs!... En effeuillant pour toi la rose printanière Je voudrais essuyer tes pleurs...... Refrain I Jeter des Fleurs, c'est t'offrir en prémices Les plus légers soupirs, les plus grandes douleurs. Mes peines et mes joies, mes petits sacrifices Voilà mes fleurs!..... Seigneur, de ta beauté mon âme s'est éprise Je veux te prodiguer mes parfums et mes fleurs En les jetant pour toi sur l'aile de la brise Je voudrais enflammer les coeurs! Refrain II Jeter des Fleurs, Jésus, voilà mon arme Lorsque je veux lutter pour sauver les pécheurs La victoire est à moi.... toujours je te désarme Avec mes fleurs!!!... Les pétales des fleurs, caressant ton Visage Te disent que mon coeur est à toi sans retour De ma rose effeuillée tu comprends le langage Et tu souris à mon amour. Refrain III Jeter des Fleurs, redire tes louanges Voilà mon seul plaisir en la vallée des pleurs Au Ciel j'irai bientôt avec les petits anges Jeter des Fleurs! 16 Juillet 1896 A Notre Dame Des Victoires. Reine des Vierges, des Apôtres et des Martyrs. Vous qui comblez mon espérance, O Mère! écoutez l'humble chant D'amour et de reconnaissance Qui vient du coeur de votre enfant..... Aux oeuvres d'un Missionnaire Vous m'avez unie sans retour, Par les liens de la prière De la souffrance et de l'amour. A lui, de traverser la terre De prêcher le nom de Jésus. A moi, dans l'ombre et le mystère De pratiquer d'humbles vertus. La souffrance, je la réclame, J'aime et je désire la Croix Pour aider à sauver une âme Je voudrais mourir mille fois! Ah! pour le Conquérant des âmes Je veux m'immoler au Carmel Et par Lui répandre les flammes Que Jésus apporta du Ciel. Par Lui, quel ravissant mystère, Jusqu'au Su-tchuen oriental Je pourrai de ma tendre Mère Faire aimer le nom virginal!... Dans ma solitude profonde, Marie... je veux gagner des coeurs. Par votre Apôtre, au bout du monde Je convertirai les pécheurs....... Par Lui, I'eau sainte du baptême, Du tout petit enfant d'un jour Fera le temple où Dieu Lui-Même Daigne habiter dans son amour. Je veux peupler de petits anges Le brillant séjour éternel... Par Lui, d'enfantines phalanges Prendront leur essor vers le Ciel!... La palme que mon âme envie, Par Lui je pourrai la cueillir, Oh quel espoir! Mère Chérie Je serai la soeur d'un Martyr!!! ................................ Après l'exil de cette vie Au soir du glorieux combat Nous jouirons dans la Patrie Des fruits de notre apostolat. A Lui l'honneur de la Victoire Devant l'armée des Bienheureux A moi... le reflet de sa Gloire Eternellement dans les Cieux!..... La petite soeur d'un Missionnaire. (Air: Près d'un berceau) Jésus Seul. Mon coeur ardent veut se donner sans cesse Il a besoin de prouver sa tendresse Ah! qui pourra comprendre mon amour? Quel coeur voudra me payer de retour?..... Mais ce retour, en vain je le réclame Jésus, toi seul peux contenter mon âme Rien ne saurait me charmer ici-bas Le vrai bonheur ne s'y rencontre pas..... Ma seule paix, mon seul bonheur Mon seul Amour, c'est toi Seigneur!... O toi qui sus créer le coeur des mères Je trouve en toi le plus tendre des Pères! Mon seul Amour, Jésus, Verbe Eternel Pour moi ton coeur est plus que maternel A chaque instant, tu me suis, tu me gardes Quand je t'appelle, ah! jamais tu ne tardes Et si parfois tu sembles te cacher C'est toi qui viens m'aider à te chercher. C'est à toi seul, Jésus, que je m'attache C'est en tes bras que j'accours et me cache, Je veux t'aimer comme un petit enfant Je veux lutter comme un guerrier vaillant Comme un enfant plein de délicatesses Je veux, Seigneur, te combler de caresses Et dans le champ de mon apostolat Comme un guerrier je m'élance au combat! Ton coeur qui garde et qui rend l'innocence Ne saurait pas tromper ma confiance! En toi, Seigneur, repose mon espoir Après l'exil, au Ciel j'irai te voir Lorsqu'en mon coeur s'élève la tempête Vers toi, Jésus, je relève la tête En ton regard miséricordieux Je lis: «Enfant, pour toi, j'ai fait les Cieux.» Je le sais bien, mes soupirs et mes larmes Sont devant toi, tout rayonnants de charmes. Les séraphins au Ciel forment ta cour Et cependant, tu mendies mon amour!.... Tu veux mon coeur, Jésus, je te le donne Tous mes désirs, je te les abandonne Et ceux que j'aime, ô mon Epoux, mon Roi Je ne veux plus les aimer que pour toi. 21 Août 1896. Pour Francis La Néele. C'est un triste bouquet de fête, Que ces misérables quatrains... Mais, hélas! au fond de ma tête, Sont restés les Alexandrins!... Il fallait, j'en ai souvenance: «Des Alexandrins pour Francis.» Je devrais garder le silence Devant un ordre aussi précis... Mais connaissant bien l'indulgence De Jeanne et du Savant Docteur, Sans Alexandrins, je m'avance, Pour fêter mon Aimable Soeur. (Thérèse de l'Enf. Jésus.) Confidence De Jésus A Thérèse. Jésus, écoute ma prière, Exauce mon désir ardent. Exile un ange sur la terre, Donne à Jeanne un petit enfant!... Il se fait bien longtemps attendre Ce petit exilé des Cieux Mais Seigneur, tu me fais comprendre Ton silence mystérieux. Oui tu me dis, par ton silence: «Jusqu'au Ciel montent tes soupirs, «Je dois me faire violence «Pour ne pas combler tes désirs. «Ce n'est pas un ange ordinaire «Que je veux donner à ta soeur «Aussi j'aime dans le mystère «A former son âme et son coeur. «Moi-même, j'embellis cette âme, «De mes trésors je lui fais don «Mais en retour... ah je réclame! «De Jeanne un parfait Abandon... «Avec une tendresse exquise «Je la dispose de ma main «Puisqu'elle doit à mon Eglise «Donner: Un Pontife, un grand Saint!» Un Docteur Saint Et Célèbre. Francis a pris cette devise: Rien pour l'homme, tout pour mon Dieu. Aussi, pour défendre l'Eglise N'a-t-il pas un coeur tout de feu?... Combattant la science impie Il en a fait bien haut l'aveu: Sa Gloire est celle de Marie!... L'enfant du Docteur séraphique: Sainte Thérèse. 21 Août 96. Les Sacristines Du Carmel. Ici-bas notre doux office Est de préparer pour l'autel, Le pain, le vin du Sacrifice Qui donne à la terre: «Le Ciel!» Le Ciel, ô mystère suprême! Se cache sous un humble pain Car le Ciel, c'est Jésus Lui-Même, Venant à nous chaque matin. Il n'est pas de reines sur terre Qui soient plus heureuses que nous. Notre office est une prière Qui nous unit à notre Epoux. Les plus grands honneurs de ce monde Ne peuvent pas se comparer A la paix céleste et profonde Que Jésus nous fait savourer. Nous portons une sainte envie A l'ouvrage de notre main, A la petite et blanche hostie Qui doit voiler l'Agneau divin. Mais son amour nous a choisies Il est notre Epoux, notre Ami. Nous sommes aussi des hosties Que Jésus veut changer en Lui. Mission sublime du Prêtre, Tu deviens la nôtre ici-bas Transformées par le Divin Maître C'est Lui qui dirige nos pas. Nous devons aider les apôtres Par nos prières, notre amour Leurs champs de combats sont les nôtres Pour eux nous luttons chaque jour. Le Dieu caché du tabernacle Qui se cache aussi dans nos coeurs A notre voix, ô quel miracle! Daigne pardonner aux pécheurs! Notre bonheur et notre gloire C'est de travailler pour Jésus. Son beau Ciel voilà le ciboire Que nous voulons combler d'élus Comment Je Veux Aimer. A St Jean de la Croix. (Air: Je crois au Dieu.) Divin Jésus, écoute ma prière Par mon amour je veux te réjouir Tu le sais bien, à toi seul je veux plaire Daigne exaucer mon plus ardent désir. Du triste exil j'accepte les épreuves Pour te charmer et consoler ton coeur Mais en amour change toutes mes oeuvres O mon Epoux, mon Bien-Aimé Sauveur. C'est ton amour, Jésus, que je réclame C'est ton amour qui doit me transformer Mets en mon coeur ta consumante flamme Et je pourrai te bénir et t'aimer Oui je pourrai t'aimer comme l'on aime Et te bénir comme on le fait au Ciel Je t'aimerai de cet amour lui-même Dont tu m'aimas, Jésus Verbe Eternel. Divin Sauveur, à la fin de ma vie Viens me chercher, sans l'ombre d'un retard Ah! montre-moi ta tendresse infinie Et la douceur de ton divin regard Avec amour, oh! que ta voix m'appelle En me disant: Viens, tout est pardonné Repose-toi, mon épouse fidèle Viens sur mon coeur, tu m'as beaucoup aimé. Enfant Tu Connais Mon Nom! Enfant, tu connais mon nom, Et ton doux regard m'appelle Il me dit: Simple abandon Je veux guider ta nacelle. De ta petite main d'enfant O quelle merveille! De ta petite voix d'enfant Tu calmes le flot mugissant Et le vent! Si tu veux te reposer Alors que l'orage gronde Sur mon coeur daigne poser Ta petite tête blonde... Que ton sourire est ravissant Lorsque tu sommeilles!... Toujours avec mon plus doux chant Je veux te bercer tendrement Bel Enfant. La Volière De L'Enfant Jesus! (Air: Au Rossignol.) Pour les exilés de la terre Le Bon Dieu créa les oiseaux Ils vont gazouillant leur prière Dans les vallées, sur les coteaux. Les enfants joyeux et volages Ayant choisi leurs préférés Les emprisonnent dans des cages Dont les barreaux sont tout dorés. Jésus! notre petit Frère Pour nous tu quittes le beau Ciel Mais tu le sais bien, ta volière Divin Enfant, c'est le Carmel. Notre cage n'est pas dorée Cependant nous la chérissons Dans les bois, la plaine azurée Plus jamais nous ne volerons. Jésus, les bosquets de ce monde Ne peuvent pas nous contenter Dans la solitude profonde Pour toi seul nous voulons chanter. Ta petite main nous attire Enfant, que tes charmes sont beaux! O Divin Jésus! ton sourire Captive les petits oiseaux! Ici l'âme simple et candide Trouve l'objet de son amour Comme la colombe timide ` Elle ne craint plus le vautour. Sur les ailes de la prière On voit monter le coeur ardent Comme l'alouette légère Qui bien haut s'élève en chantant. Ici l'on entend le ramage Du roitelet, du gai pinson O petit Jésus! dans leur cage Tes oiseaux gazouillent ton nom. Le petit oiseau toujours chante Sa vie ne l'inquiète pas, Un grain de millet le contente Jamais il ne sème ici-bas. Comme lui dans notre volière Nous recevons tout de ta main L'unique chose nécessaire C'est de t'aimer, Enfant Divin. Aussi nous chantons tes louanges Unies aux purs esprits du Ciel Et nous le savons, tous les anges` Aiment les oiseaux du Carmel. Jésus, pour essuyer les larmes Que te font verser les pécheurs Tes oiseaux redisent tes charmes Leurs doux chants te gagnent des coeurs. Un jour loin de la triste terre Lorsqu'ils entendront ton appel Tous les oiseaux de ta volière Prendront leur essor vers le Ciel. Avec les charmantes phalanges Des petits Chérubins joyeux O Divin Enfant, tes louanges Nous les chanterons dans les Cieux. Si quelqu'un est tout Petit, qu'il vienne à moi. (Proverbes) A Mes Petits Frères Du Ciel. (Air: La rose mousse ou bien: Le Fil de la Vierge.) Heureux petits Enfants, avec quelles tendresses Le Roi des Cieux Vous bénit autrefois et combla de caresses Vos fronts joyeux! De tous les Innocents vous étiez la figure Et j'entrevois Les biens que dans le Ciel vous donne sans mesure Le Roi des rois. Vous avez contemplé les immenses richesses Du Paradis Avant d'avoir connu nos amères tristesses Chers petits Lys. O Boutons parfumés! moissonnés dès l'aurore Par Le Seigneur Le doux Soleil d'Amour qui sut vous faire éclore Ce fut son coeur! Quels ineffables soins, quelle tendresse exquise Et quel amour, Vous prodigue avec joie notre Mère l'Eglise Enfants d'un jour! Dans ses bras maternels, vous fûtes en prémices Offerts à Dieu Toute l'Eternité, vous ferez les délices Du beau Ciel bleu. Enfants, vous composez le virginal cortège Du doux Agneau Et vous pouvez redire, étonnant privilège Un chant nouveau! Vous êtes sans combats parvenus à la gloire Des conquérants; Le Sauveur a pour vous remporté la victoire Vainqueurs charmants! On ne voit point briller de pierres précieuses Dans vos cheveux Seul le reflet doré de vos boucles soyeuses Ravit les Cieux Les trésors des Elus, leurs palmes, leurs couronnes Tout est à vous Dans la Sainte Patrie, Enfants, vos riches trônes Sont leurs genoux... Ensemble vous jouez avec les petits anges Près de l'Autel Et vos chants enfantins, gracieuses phalanges Charment le Ciel. Le Bon Dieu vous apprend comment Il fait les roses L'oiseau, les vents Ici-bas nul génie ne sait autant de choses Que vous, Enfants! Du firmament d'azur soulevant tous les voiles Mystérieux En vos petites mains vous prenez les étoiles Aux mille feux. En courant vous laissez une trace argentée Souvent le soir Quand je contemple au ciel la blanche voie lactée Je crois vous voir Dans les bras de Marie après toutes vos fêtes Vous accourez Sous son voile étoilé cachant vos blondes têtes Vous sommeillez. Charmants petits Lutins, votre enfantine audace Plaît au Seigneur Vous osez caresser son Adorable Face Quelle faveur! C'est vous que Le Seigneur me donna pour modèle Saints Innocents Je veux être ici-bas votre image fidèle Petits Enfants. Ah! daignez m'obtenir les vertus de l'enfance. Votre candeur, Votre abandon parfait, votre aimable innocence Charment mon coeur. O Seigneur! tu connais de mon âme exilée Les veux ardents Je voudrais moissonner, beau Lys de la vallée Des Lys brillants Ces Boutons printaniers, je les cherche et les aime Pour ton plaisir Sur eux daigne verser la Rosée du Baptême Viens les cueillir Oui, je veux augmenter la candide phalange Des Innocents Mes souffrances, mes joies, je les offre en échange D'âmes d'Enfants. Parmi ces Innocents, je réclame une place Roi des Elus. Comme eux, je veux au Ciel, baiser ta Douce Face O mon Jésus!.... Si quelqu'un est tout Petit, qu'il vienne à moi. (Proverbes) Ma Joie! (Air: Rêve, parfum ou frais murmure.) Il est des âmes sur la terre Qui cherchent en vain le bonheur Mais pour moi, c'est tout le contraire La joie se trouve dans mon coeur Cette joie n'est pas éphémère Je la possède sans retour Comme une rose printanière Elle me sourit chaque jour. Vraiment je suis par trop heureuse, Je fais toujours ma volonté.... Pourrais-je n'être pas joyeuse Et ne pas montrer ma gaîté?... Ma joie, c'est d'aimer la souffrance, Je souris en versant des pleurs J'accepte avec reconnaissance Les épines mêlées aux fleurs . Lorsque le Ciel bleu devient sombre Et qu'il semble me délaisser, Ma joie, c'est de rester dans l'ombre De me cacher, de m'abaisser. Ma joie, c'est la Volonté Sainte De Jésus mon unique amour Ainsi je vis sans nulle crainte J'aime autant la nuit que le jour. Ma joie, c'est de rester petite Aussi quand je tombe en chemin Je puis me relever bien vite Et Jésus me prend par la main Alors le comblant de caresses Je Lui dis qu'II est tout pour moi Et je redouble de tendresses Lorsqu'Il se dérobe à ma foi. Si parfois je verse des larmes a joie, c'est de les bien cacher Oh! que la souffrance a de charmes Quand de fleurs on sait la voiler! Je veux bien souffrir sans le dire Pour que Jésus soit consolé Ma joie, c'est de le voir sourire Lorsque mon coeur est exilé..... Ma joie, c'est de lutter sans cesse Afin d'enfanter des élus. C'est le coeur brûlant de tendresse De souvent redire à Jésus: «Pour toi, mon Divin petit Frère «Je suis heureuse de souffrir «Ma seule joie sur cette terre «C'est de pouvoir te réjouir. «Longtemps encor je veux bien vivre «Seigneur, si c'est là ton désir «Dans le Ciel je voudrais te suivre «Si cela te faisait plaisir «L'amour, ce feu de la Patrie «Ne cesse de me consumer «Que me font la mort ou la vie? «Jésus, ma joie, c'est de t'aimer!» A Mon Ange Gardien. (Air: Par les chants les plus magnifiques.) Glorieux Gardien de mon âme, Toi qui brilles dans le beau Ciel Comme une douce et pure flamme Près du trône de l'Eternel Tu descends pour moi sur la terre Et m'éclairant de ta splendeur Bel Ange, tu deviens mon Frère, Mon Ami, mon Consolateur!... Connaissant ma grande faiblesse Tu me diriges par la main Et je te vois avec tendresse Oter la pierre du chemin Toujours ta douce voix m'invite A ne regarder que les Cieux Plus tu me vois humble et petite Et plus ton front est radieux. O toi! qui traverses l'espace Plus promptement que les éclairs Je t'en supplie, vole à ma place Auprès de ceux qui me sont chers De ton aile sèche leurs larmes Chante combien Jésus est bon. Chante que souffrir a des charmes Et tout bas, murmure mon nom... Je veux pendant ma courte vie Sauver mes frères les pécheurs O Bel Ange de la Patrie Donne-moi tes saintes ardeurs Je n'ai rien que mes sacrifices Et mon austère pauvreté Avec tes célestes délices Offre-les à la Trinité. A toi le Royaume et la Gloire, Les Richesses du Roi des rois. A moi l'humble Hostie du ciboire, A moi le trésor de la Croix. Avec la Croix, avec l'Hostie Avec ton céleste secours J'attends en paix de l'autre vie Les joies qui dureront toujours. A ma chère soeur Marie-Philomène souvenir de sa petite fille. A Theophane Vénard. (Air: Les adieux du Martyr.) Prêtre des Missions étrangères, Martyrisé au Tonkin à l'âge de 31 ans. Tous les Elus célèbrent tes louanges O Théophane! Angélique Martyr Et je le sais, dans les Saintes phalanges Le séraphin aspire à te servir!... Ne pouvant pas, exilée sur la terre Mêler ma voix à celle des Elus, Je veux aussi sur la rive étrangère Prendre ma lyre et chanter tes vertus.... Ton court exil fut comme un doux cantique Dont les accents savaient toucher les coeurs Et pour Jésus, ton âme poétique A chaque instant faisait naître des fleurs. En t'élevant vers la céleste sphère Ton chant d'adieu fut encor printanier Tu murmurais: «Moi, petit éphémère «Dans le beau Ciel, je m'en vais le premier!...» Heureux Martyr, à l'heure du supplice Tu savourais le bonheur de souffrir, Souffrir pour Dieu te semblait un délice. En souriant, tu sus vivre et mourir A ton bourreau, tu t'empressas de dire Lorsqu'il t'offrit d'abréger ton tourment: «Plus durera mon douloureux martyre «Mieux ça vaudra, plus je serai content!!!» Lys Virginal, au printemps de ta vie Le Roi du Ciel entendit ton désir, Je vois en toi: La Fleur épanouie Que Le Seigneur cueillit pour son plaisir Et maintenant tu n'es plus exilée Les Bienheureux admirent ta splendeur. Rose d'Amour, La Vierge Immaculée, De ton parfum respire la fraîcheur. Soldat du Christ, ah! prête-moi tes armes Pour les pécheurs, je voudrais ici-bas Lutter, souffrir à l'ombre de tes palmes, Protège-moi, viens soutenir mon bras. Je veux pour eux ne cessant pas la guerre Prendre d'assaut le Royaume de Dieu Car le Seigneur apporta sur la terre Non pas la paix, mais le Glaive et le Feu! Je l'aime aussi, cette plage infidèle Qui fut l'objet de ton ardent amour Avec bonheur, je volerais vers elle Si le Bon Dieu m'y appelait un jour Mais à ses yeux, il n'est pas de distances Tout l'univers devant Lui n'est qu'un point Mon faible amour, mes petites souffrances Bénies par Lui, Le font aimer au loin! Ah! si j'étais une fleur printanière Que Le Seigneur voudrait bientôt cueillir Descends du Ciel à mon heure dernière Je t'en conjure, ô Bienheureux Martyr! De ton amour aux virginales flammes Viens m'embraser en ce séjour mortel Et je pourrai voler avec les âmes Qui formeront ton cortège éternel!... Mes Armes. (Air: Partez, Héraults de la bonne nouvelle.) Cantique composé pour le jour d'une profession. «Revêtez-vous des armes de Dieu, afin que vous puissiez résister aux embûches de l'ennemi.» (St Paul.) «L'Epouse du Roi est terrible comme une armée rangée en bataille, elle est semblable à un ch ur de musique dans un camp d'armée.» (Cant. des cant.) Du Tout-Puissant j'ai revêtu les armes Sa main divine a daigné me parer Rien désormais ne me cause d'alarmes De son amour qui peut me séparer? A ses côtés, m'élançant dans l'arène Je ne craindrai ni le fer ni le feu Mes ennemis sauront que je suis reine Que je suis l'épouse d'un Dieu! O mon Jésus | je garderai l'armure. Que je revêts sous tes yeux adorés Jusqu'au soir de la vie, ma plus belle parure Seront mes Voeux sacrés! O Pauvreté, mon premier sacrifice Jusqu'à la mort tu me suivras partout Car je le sais, pour courir dans la lice L'Athlète doit se détacher de tout Goûtez, mondains, le remords et la peine Ces fruits amers de votre vanité. Joyeusement, moi je cueille en l'arène Les palmes de la Pauvreté. Jésus a dit: «C'est par la violence Que l'on ravit le royaume des Cieux.» Eh bien! la Pauvreté me servira de Lance De Casque glorieux. La Chasteté me rend la soeur des anges De ces Esprits purs et victorieux. J'espère un jour voler en leurs phalanges Mais dans l'exil je dois lutter comme eux. Je dois lutter sans repos et sans trêve Pour mon Epoux le Seigneur des seigneurs La Chasteté c'est le céleste Glaive Qui peut lui conquérir les coeurs La Chasteté c'est mon arme invincible Mes ennemis par elle sont vaincus Par elle je deviens, ô bonheur indicible! L'Epouse de Jésus. L'ange orgueilleux au sein de la lumière S'est écrié: «Je n'obéirai pas!» Moi je m'écrie dans la nuit de la terre «Je veux toujours obéir ici-bas» Je sens en moi naître une sainte audace De tout l'enfer je brave la fureur L'Obéissance est ma forte Cuirasse Et le Bouclier de mon coeur Dieu des Années, je ne veux d'autres gloires Que de soumettre en tout ma volonté Puisque l'Obéissant redira ses victoires Toute l'Eternité. Si du Guerrier j'ai les armes puissantes Si je l'imite et lutte vaillamment Comme la Vierge aux grâces ravissantes Je veux aussi chanter en combattant Tu fais vibrer de ta lyre les cordes Et cette lyre, ô Jésus, c'est mon coeur! Alors je puis de tes Miséricordes Chanter la force et la douceur En souriant je brave la mitraille Et dans tes bras, ô mon Epoux Divin En chantant je mourrai sur le champ de bataille Les Armes à la main!... A Notre Dame Du Perpétuel Secours. Mère chérie, dès ma tendre jeunesse Ta douce Image a su ravir mon coeur En ton regard je lisais ta tendresse Et près de toi je trouvais le bonheur. Refrain Vierge Marie, au Céleste rivagc Après l'exil j'irai te voir toujours Mais ici-bas ta douce Image C'est mon Perpétuel Secours! ... Quand j'étais sage et bien obéissante Il me semblait que tu me souriais Et si parfois j'étais un peu méchante Je croyais voir que sur moi tu pleurais... En exauçant ma naïve prière Tu me montrais ton amour maternel Te contemplant je trouvais sur la terre Un avant-goût des délices du Ciel. Lorsque je lutte, ô ma Mère chérie Dans le combat tu fortifies mon coeur Car tu le sais, au soir de cette vie Je veux offrir des Prêtres au Seigneur!... Toujours, toujours image de ma Mère Oui tu seras mon bonheur, mon trésor. Et je voudrais à mon heure dernière Que mon regard sur toi se fixe encor. Dernier refrain. Puis m'envolant au Céleste rivage J'irai m'asseoir, Mère, sur tes genoux Alors je pourrai sans partage Recevoir tes baisers si doux!... Souvenir d'une retraite bénie. Mars 1897. Thérèse de l'Enfant Jésus à sa petite sœur. A Jeanne D'Arc. Quand le Dieu des armées te donnant la victoire Tu chassas l'étranger et fis sacrer le roi Jeanne, ton nom devint célèbre dans l'histoire Nos plus grands conquérants pâlirent devant toi. Mais ce n'était encor qu'une gloire éphémère Il fallait à ton nom l'auréole des Saints Aussi le Bien-Aimé t'offrit sa coupe amère Et tu fus comme Lui rejetée des humains. Au fond d'un noir cachot, chargée de lourdes chaînes Le cruel étranger t'abreuva de douleurs Pas un de tes amis ne prit part à tes peines Pas un ne s'avança pour essuyer tes pleurs Jeanne, tu m'apparais plus brillante et plus belle Qu'au sacre de ton roi, dans ta sombre prison. Ce céleste reflet de la gloire éternelle Qui donc te l'apporta? Ce fut la trahison. Ah! si le Dieu d'amour en la vallée des larmes N'était venu chercher la trahison, la mort La souffrance pour nous aurait été sans charmes Maintenant nous l'aimons, elle est notre trésor. 19 Mai 1897. Une Rose Effeuillée. (Air du fil de la Vierge ou bien: La rose mousse.) Jésus, quand je te vois soutenu par ta Mère Quitter ses bras Essayer en tremblant sur notre triste terre Tes Premiers pas Devant toi je voudrais Effeuiller une rose En sa fraîcheur Pour que ton petit pied bien doucement repose Sur une fleur!.... Cette rose effeuillée, c'est la fidèle image Divin Enfant Du coeur qui veut pour toi s'immoler sans partage A chaque instant. Seigneur, sur tes autels plus d'une fraîche rose Aime à briller Elle se donne à toi... mais je rêve autre chose: «C'est M'effeuiller!...» La rose en son éclat peut embellir ta fête Aimable Enfant, Mais la rose effeuillée, simplement on la jette Au gré du vent. Une Rose effeuillée sans recherche se donne Pour n'être plus. Comme elle avec bonheur à toi je m'abandonne Petit Jésus. L'on marche sans regret sur Des feuilles de rose Et ces débris Sont un simple ornement que sans art on dispose Je l'ai compris. Jésus, pour ton amour j'ai prodigué ma vie Mon avenir Aux regards des mortels rose à jamais flétrie Je dois mourir!... Pour toi, je dois mourir, Enfant, Beauté Suprême Quel heureux sort! Je veux en m'effeuillant te prouver que je t'aime O mon Trésor! Sous tes pas enfantins, je veux avec mystère Vivre ici-bas Et je voudrais encor adoucir au Calvaire Tes derniers pas!... 31 Mai 1897 L'Abandon Est Le Fruit Délicieux De L'Amour. Il est sur cette terre Un Arbre merveilleux Sa racine, ô mystère! Se trouve dans les Cieux... Jamais sous son ombrage Rien ne saurait blesser Là sans craindre l'orage On peut se reposer. De cet Arbre ineffable L'Amour voilà le nom, Et son fruit délectable S'appelle L'Abandon. Ce fruit dès cette vie Me donne le bonheur Mon âme est réjouie Par sa divine odeur. Ce fruit quand je le touche Me paraît un trésor Le portant à ma bouche Il m'est plus doux encor. Il me donne en ce monde Un océan de paix En cette paix profonde Je repose à jamais Seul l'Abandon me livre En tes bras, ô Jésus C'est lui qui me fait vivre De la vie des Elus. A toi je m'abandonne O mon Divin Epoux Et je n'ambitionne Que ton regard si doux. Moi je veux te sourire M'endormant sur ton coeur Je veux encore redire Que je t'aime, Seigneur! Comme la pâquerette Au calice vermeil Moi petite fleurette Je m'entrouvre au soleil. Mon doux Soleil de vie O mon Aimable Roi C'est ta Divine Hostie Petite comme moi.... De sa Céleste Flamme Le lumineux rayon Fait naître dans mon âme Le parfait Abandon. Toutes les créatures Peuvent me délaisser Je saurai sans murmures Près de toi m'en passer. Et si tu me délaisses O mon Divin Trésor Privée de tes caresses Je veux sourire encor. En paix je veux attendre Doux Jésus, ton retour Et sans jamais suspendre Mes cantiques d'amour. Non, rien ne m'inquiète Rien ne peut me troubler Plus haut que l'alouette Mon âme sait voler. Au-dessus des nuages Le ciel est toujours bleu On touche les rivages Où règne le Bon Dieu. J'attends en paix la gloire Du Céleste séjour Car je trouve au Ciboire Le doux Fruit de l'Amour! Pour Soeur Marie De La Trinité. Seigneur, tu m'as choisie dès ma plus tendre enfance Et je puis m'appeler l'oeuvre de ton amour... Je voudrais, ô mon Dieu! dans ma reconnaissance Oh! je voudrais pouvoir te payer de retour!... Jésus mon Bien-Aimé, quel soit ce privilège (????) Pauvre petit néant qu'avais-je fait pour toi? Et je me vois placée dans le royal cortège Des vierges de ta cour, aimable et Divin Roi! Hélas je ne suis rien que la faiblesse même Tu le sais, ô mon Dieu! je n'ai pas de vertus Mais tu le sais aussi, le seul ami que j'aime Celui qui m'a charmée, c'est toi, mon Doux Jésus! Lorsqu'en mon jeune coeur s'alluma cette flamme Qui se nomme l'amour, tu vins la réclamer Et toi seul, ô Jésus! pus contenter une âme ui jusqu'à l'infini avait besoin d'aimer. Comme un petit agneau loin de la bergerie Gaiement je folâtrais ignorant le danger Mais, ô Reine des Cieux! ma Bergère chérie Ton invisible main savait me protéger Aussi tout en jouant au bord des précipices Déjà tu me montrais le sommet du Carmel Je comprenais alors les austères délices Qu'il me faudrait aimer pour m'envoler au Ciel. Seigneur, si tu chéris la pureté de l'ange De cet esprit de feu qui nage dans l'azur N'aimes-tu pas aussi s'élevant de la fange Le lys que ton amour a su conserver pur? S'il est heureux, mon Dieu, l'ange à l'aile vermeille Qui paraît devant toi brillant de pureté Ma joie dès ici-bas à la sienne est pareille Puisque j'ai le trésor de la virginité!... Mai 1897. Pourquoi Je T'Aime O Marie! (Air: Pourquoi m'avoir livré l'autre jour, ô ma Mère.) Oh! je voudrais chanter, Marie, pourquoi je t'aime Pourquoi ton nom si doux fait tressaillir mon coeur Et pourquoi la pensée de ta grandeur suprême Ne saurait à mon âme inspirer de frayeur. Si je te contemplais dans ta sublime gloire Et surpassant l'éclat de tous les bienheureux Que je suis ton enfant je ne pourrais le croire O Marie devant toi, je baisserais les yeux!... Il faut pour qu'un enfant puisse chérir sa mère Qu'elle pleure avec lui, partage ses douleurs O ma Mère chérie, sur la rive étrangère Pour m'attirer à toi, que tu versas de pleurs!.... En méditant ta vie dans le saint évangile J'ose te regarder et m'approcher de toi Me croire ton enfant ne m'est pas difficile Car je te vois mortelle et souffrant comme moi... Lorsqu'un ange du Ciel t'offre d'être la mère Du Dieu qui doit régner toute l'éternité Je te vois préférer, ô Marie, quel mystère! L'ineffable trésor de la virginité. Je comprends que ton âme, ô Vierge Immaculée Soit plus chère au Seigneur que le divin séjour Je comprends que ton âme, humble et douce vallée Peut contenir Jésus, L'Océan de l'Amour!... Oh! je t'aime, Marie, te disant la servante Du Dieu que tu ravis par ton humilité Cette vertu cachée te rend toute-puissante Elle attire en ton coeur La Sainte trinité Alors l'esprit d'amour te couvrant de son ombre Le fils égal au père en toit s'est incarné De ses frères pécheurs bien grand sera le nombre Puisqu'on doit l'appeler: Jésus, ton premier-né! O Mère bien-aimée, malgré ma petitesse Comme toi je possède en moi Le Tout-Puissant Mais je ne tremble pas en voyant ma faiblesse: Le trésor de la mère appartient à l'enfant Et je suis ton enfant, ô ma Mère chérie Tes vertus, ton amour, ne sont-ils pas à moi? Aussi lorsqu'en mon coeur descend la blanche Hostie Jésus, ton Doux Agneau, croit reposer en toi!... Tu me le fais sentir, ce n'est pas impossible De marcher sur tes pas, ô Reine des élus, L'étroit chemin du Ciel, tu l'as rendu visible En pratiquant toujours les plus humbles vertus. Auprès de toi, Marie, j'aime à rester petite, Des grandeurs d'ici-bas je vois la vanité, Chez Sainte Elisabeth, recevant ta visite, J'apprends à pratiquer l'ardente charité. Là j'écoute ravie, Douce Reine des anges, Le cantique sacré qui jaillit de ton coeur. Tu m'apprends à chanter les divines louanges A me glorifier en Jesus mon sauveur. Tes paroles d'amour sont de mystiques roses Qui doivent embaumer les siècles à venir. En toi le Tout-Puissant a fait de grandes choses Je veux les méditer, afin de l'en bénir. Quand le bon Saint Joseph ignore le miracle Que tu voudrais cacher dans ton humilité Tu le laisses pleurer tout près du tabernacle Qui voile du Sauveur la divine beauté! Oh! que j'aime, Marie, ton éloquent silence, Pour moi c'est un concert doux et mélodieux Qui me dit la grandeur et la toute-puissance D'une âme qui n'attend son secours que des Cieux..... Plus tard à Bethléem, ô Joseph et Marie! Je vous vois repoussés de tous les habitants Nul ne veut recevoir en son hôtellerie De pauvres étrangers, la place est pour les grands La place est pour les grands et c'est dans une étable Que la riene des cieux doit enfanter un Dieu. O ma Mère chérie, que je te trouve aimable Que je te trouve grande en un si pauvre lieu!... Quand je vois L'Eternel enveloppé de langes Quand du Verbe Divin j'entends le faible cri O ma Mère chérie, je n'envie plus les anges Car leur Puissant Seigneur est mon Frère chéri! Que je t'aime, Marie, toi qui sur nos rivages As fait épanouir cette Divine Fleur!.... Que je t'aime écoutant les bergers et les mages Et gardant avec soin toute chose en son coeur!... Je t'aime te mêlant avec les autres femmes Qui vers le temple saint ont dirigé leurs pas Je t'aime présentant le Sauveur de nos âmes Au bienheureux Vieillard qui le presse en ses bras, D'abord en souriant j'écoute son cantique Mais bientôt ses accents me font verser des pleurs. Plongeant dans l'avenir un regard prophétique Siméon te présente un glaive de douleurs. O Reine des martyrs, jusqu'au soir de ta vie Ce glaive douloureux transpercera ton coeur Déjà tu dois quitter le sol de ta patrie Pour éviter d'un roi la jalouse fureur. Jésus sommeille en paix sous les plis de ton voile Joseph vient te prier de partir à l'instant Et ton obéissance aussitôt se dévoile Tu pars sans nul retard et sans raisonnement. Sur la terre d'Egypte, il me semble, ô Marie Que dans la pauvreté ton coeur reste joyeux, Car Jésus n'est-il pas la plus belle patrie,, Que t'importe l'exil, tu possèdes les Cieux?... Mais à Jérusalem, une amère tristesse Comme un vaste océan vient inonder ton coeur Jesus, pendant trois jours, se cache à ta tendresse Alors c'est bien l'exil dans toute sa rigueur!... Enfin tu l'aperçois et la joie te transporte, Tu dis au bel Enfant qui charme les docteurs: «O mon Fils, pourquoi donc agis-tu de la sorte? «Voilà ton père et moi qui te cherchions en pleurs.» Et l'Enfant Dieu répond (oh quel profond mystère!) A la Mère chérie qui tend vers lui ses bras: «Pourquoi me cherchiez-vous?... Aux oeuvres de mon Père «Il faut que je m'emploie; ne le savez-vous pas?» L'Evangile m'apprend que croissant en sagesse A Joseph, à Marie, Jésus reste soumis Et mon coeur me révèle avec quelle tendresse Il obéit toujours à ses parents chéris. Maintenant je comprends le mystère du temple, Les paroles cachées de mon Aimable Roi. Mère, ton doux Enfant veut que tu sois l'exemple De l'âme qui Le cherche en la nuit de la foi. Puisque le Roi des Cieux a voulu que sa Mère Soit plongée dans la nuit, dans l'angoisse du coeur; Marie, c'est donc un bien de souffrir sur la terre? Oui soufrir en aimant, c'est le plus pur bonheur!... Tout ce qu'Il m'a donné Jésus peut le reprendre Dis-lui de ne jamais se gêner avec moi... Il peut bien se cacher, je consens à l'attendre Jusqu'au jour sans couchant où s'éteindra ma foi... Je sais qu'à Nazareth, Mère pleine de grâces Tu vis très pauvrement, ne voulant rien de plus Pont de ravissements, de miracles, d'extases N'embellissent ta vie, O reine des élus!... Le nombre des petits est bien grand sur la terre Ils peuvent sans trembler vers toi lever les yeux C'est par la voie commune, incomparable Mère Qu'il te plaît de marcher pour les guider aux Cieux. En attendant le Ciel, ô ma Mère chérie, Je veux vivre avec toi, te suivre chaque jour Mère, en te contemplant, je me plonge ravie Découvrant dans ton coeur des abîmes d'amour. Ton regard maternel bannit toutes mes craintes Il m'apprend à pleurer, il m'apprend à jouir. Au lieu de mépriser la joies pures et saintes Tu veux les partager, tu daignes les bénir. Des époux de Cana voyant l'inquiétude Qu'ils ne peuvent cacher, car ils manquent de vin Au Sauveur tu le dis dans ta sollicitude Espérant le secours de son pouvoir divin. Jésus semble d'abord repousser ta prière «Qu'importe», répond-Il, «femme, à vous et à moi?» Mais au fond de son coeur, Il te nomme sa Mère Et son premier miracle, Il l'opère pour toi... Un jour que les pécheurs écoutent la doctrine De Celui qui voudrait au Ciel les recevoir Je te trouve avec eux, Marie, sur la colline Quelqu'un dit à Jésus que tu voudrais le voir, Alors, ton Divin Fils devant la foule entière De son amour pour nous montre l'immensité Il dit: «Quel est mon frère et ma soeur et ma Mère, «Si ce n'est celui-là qui fait ma volonté?» O Vierge Immaculée, des mères la plus tendre En écoutant Jésus, tu ne t'attristes pas Mais tu te réjouis qu'Il nous fasse comprendre Que notre âme devient sa famille ici-bas Oui tu te réjouis qu'Il nous donne sa vie, Les trésors infinis de sa divinité! Comment ne pas t'aimer, ô ma Mère chérie En voyant tant d'amour et tant d'humilité? Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime Et tu consens pour nous à t'éloigner de Lui. Aimer c'est tout donner et se donner sois-même Tu voulus le prouver en restant notre appui. Le Sauveur connaissait ton immense tendresse Il savait les secrets de ton coeur maternel, Refuge des pécheurs, c'est à toi qu'il nous laisse Quand li quite la croix pour nous attendre au ciel. Marie, tu m'apparais au sommet du Calvaire Debout près de la Croix, comme un prêtre à l'autel Offrant pour apaiser la justice du Père Ton bien-aimé Jésus, le doux Emmanuel... Un prophète l'a dit, ô Mère désolée, «Il n'est pas de douleur semblable à ta douleur!» O Reine des Martyrs, en restant exilée Tu prodigue pour nous tout le sang de ton coeur! La maison de Saint Jean devient ton seul asile Le fils de Zébédée doit remplacer Jésus... C'est le dernier détail que donne l'Evangile De la Reine des Cieux il ne me parle plus. Mais son profond silence, ô ma Mère chérie Ne révèle-t-il pas que le verbe eternel Aimer c'est tout donner et se donner sois-même Veut lui-même chanter les secrets de ta vie Pour charmer tes enfants, tous les Elus du Ciel? Bientôt je l'entendrai cette douce harmonie Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir Toi qui vins me sourire au matin de ma vie Viens me sourire encor... Mère.... voici le soir!... Je ne crains plus l'éclat de ta gloire suprême Avec toi j'ai souffert et je veux maintenant Chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t'aime Et redire à jamais que je suis ton enfant!...... La petite Thérèse... O Dieu Caché... O Dieu caché sous les traits de l'enfance Je vois en toi le monarque des Cieux Je reconnais ta grandeur, ta puissance Au doux éclat qui brille dans tes yeux. Si tu voulais, mille légions d'anges A ton appel viendraient former ta cour. D'étoiles d'or semant tes humbles langes Ils chanteraient ton ineffable amour. Refrain I Je vois sur la rive étrangère Et ne pouvant parler encor Mon Dieu, mon Sauveur et mon Frère N'ayant ni sceptre ni trésor. Adorant ce profond mystère Divin Roi, je t'offre mon or. O Roi du Ciel, tu viens sur cette terre Voulant sauver le genre humain ton frère. Pour ton amour, oh! je voudrais souffrir! Puisque pour moi tu veux un jour mourir De tes douleurs je t'offre le symbole. Voyant briller ta sanglante auréole Ah! je voudrais te gagner tous les coeurs Divin Jésus, pour essuyer tes pleurs. Refrain II Reçois la myrrhe, ô Roi du Ciel Puisque tu veux être mortel. (inachevé) En Orient apparut une étoile... En Orient apparut une étoile Et nous suivons son cours mystérieux Astre béni, sa clarté nous dévoile Que sur la terre est né le Roi des Cieux. Le Ciel nous protège Et notre cortège, Bravant pluies et neige Suit l'astre brillant!... Que chacun s'apprête... L'étoile s'arrête!... Entrons tous en fête, Adorons l'Enfant!... Depuis cinquante ans sur la terre Vous embaumez de vos vertus Notre humble petit monastère, Le palais du Roi des Elus. Refrain Chantons, chantons l'heureuse entrée De la doyenne du Carmel De tous nos coeurs elle est aimée Comme un bien doux présent du Ciel. Vous nous avez toutes reçues A notre entrée dans ce séjour Vos bontés nous sont bien connues Ainsi que votre tendre amour. Bientôt une plus belle fête Viendra réjouir tous nos coeurs Nous poserons sur votre tête En chantant, de nouvelles fleurs. Le Ciel en est le prix... Le Ciel en est le prix La matraque sonore Qui devance l'aurore Me fait sauter du lit. Le ciel en est le prix Aussitôt qu'on s'éveille On voit d'autres merveilles Que celles de Paris. Le ciel en est le prix Dans ma pauvre cellule Point de rideaux de tulle Ni glaces ni tapis. Le ciel en est le prix Rien, ni table ni chaise N'être pas à son aise C'est le bonheur ici. Le ciel en est le prix J'aperçois sans alarmes Mes scintillantes armes J'aime leur cliquetis. Le ciel en est le prix A moi le sacrifice Croix, chaînes et cilice Mes armes, les voici. Le ciel en est le prix Après une prière Il faut baiser la terre La règle le prescrit. Le ciel en est le prix Je cache mon armure Sous ma robe de bure Et mon voile béni. Le ciel en est le prix Si madame Nature Fait entendre un murmure En riant je lui dis: Le ciel en est le prix Jeûner est bien facile Cela rend très agile Si l'on a faim, tant pis! Le ciel en est le prix Nous ne respectons guère Navets, pommes de terre Choux, carottes, radis. Le ciel en est le prix Jamais on ne s'étonne Que le soir on ne donne Que du pain et des fruits. Le ciel en est le prix Souvent avec justesse Le pain passe, et je laisse Dans l'assiette les fruits. Le ciel en est le prix De terre est mon assiette Ma main sert de fourchette La cuillère est de buis. Le ciel en est le prix Enfin l'on se rassemble On peut parler ensemble Des joies du Paradis. Le ciel en est le prix En parlant on travaille L'une coud, l'autre taille Des ornements bénis. Le ciel en est le prix On voit la gaîté sainte Marquer de son empreinte Les fronts épanouis. Le ciel en est le prix Une heure passe vite Je redeviens ermite Sans froncer les sourcils. Le ciel en est le prix Le bruit des pénitences Interrompt le silence On en est assourdi, Le ciel en est le prix Des coups que je défile Par an soixante-six mille C'est le nombre précis, Le ciel en est le prix Pour les missionnaires Nous nous faisons des guerres Sans trêve, sans merci. Pour Une Sainte-Marthe. Refrain. Très nobles soeurs du voile blanc Vous fêter nous rend l'coeur content. A soeur Marie de l'Incarnation Nous offrons la navigation Et ce joli petit bateau Mam'zelle Henriette le trouv'ra beau. Nous offrons à soeur Saint Vincent Ce petit roquet tout pimpant Aboyant près de son jardin Il en sera très bon gardien. Nous offrons au très cher Marthon Ce ravissant petit cochon De monture il lui servira Quand il fera la chasse aux rats. Pour fêter Mélanie Lebon C'est à Baptiste de donner le ton Il lui présente un petit chat Qui lui servira de lèche plat. Comment dire pour offrir ce broc Ah! vraiment nous ne savons trop ...................................... Mon p'pa, voilà le Magister Sauvons-nous, il a son grand air! 21 Juin 1897 Moi aussi, Mère bien-aimée... Moi aussi, Mère bien-aimée Je veux dire mon petit mot Mais on n'a pas beaucoup d'idée Quand on ne boit que du lolo!... Cependant, ma Mère chérie Je vous offre avec grand bonheur Un album à photographie Mes toques et mon petit coeur. Thérèse de l'Enfant-Jésus Le silence est le doux langage... Voilà mon commandement: c'est que vous vous entr'aimiez, comme je vous ai aimés!... S. Jean XVI- 12. Le silence est le doux langage Des anges, de tous les élus. Il doit être aussi le partage Des âmes s'aimant en Jésus. Ce n'est qu'au sein des sacrifices Que l'on peut s'aimer au Carmel. Un jour, enivrées de délices Nous nous aimerons dans le Ciel. Toi qui connais... Toi qui connais ma petitesse extrême Tu ne crains pas de t'abaisser vers moi! Viens en mon coeur, ô blanche Hostie que j'aime, Viens en mon coeur, il aspire vers toi! Ah! je voudrais qu'a ta bonté me laisse Mourir d'amour après cette faveur. Jésus! entends le cri de ma tendresse. Viens en mon coeur! Source: http://www.poesies.net