Dominical. (1892) Par Max Elskamp. (1862-1931) Et c’était comme si le monde, secouant l’ancien cilice, se vêtait de la blanche robe des églises. Raoul Glaber, moine. Tiré à: 3 exemplaires sur Japon, 100 exemplaires sur Hollande. Tous numérotés. N° 20 TABLE DES MATIERES. Dominical. DE JOIE. I II III IV V VI VII D’ANCIENNEMENT TRANSPOSÉ. I II III IV V Visitation. D'Aimer. DE SOIR. I II III IV V VI VII DE JOIE. Dominical. Expiant son illusion, mon àme des bons jours enfuis, dans ses chapelles d’onction, de dimanches s’est éjouie, au for d’une petite ville, sous les chaires de vérité, seule aux accores de son île maladroite de bois sculpté; loin par le peu de ses paroles, -c’est le bonheur à mes couleurs- et novice du rire au pleur, à des jardins hauts d’herbes folles, mon âme, d’un voyage enfant au moi que l’hier endimanche, s’en revient pour aller en blanc avec les enfants des dimanches. DE JOIE. I Ils sont venus, ils sont venus, naïvement nus et goulus de raisins de verre et de cierges, sur les bras longs des saintes-vierges, les dimanches; sonnez matines, Frère Jacques en mes doctrines. Or c’en est fini des semaines où, dans l’eau, mains rouges, l’on peine; il fait chaude joie dans le coeur et les arbres chantent en choeur, puis se taisent et font silence avec un faux air d’innocence. Car ils sont venus les dimanches rêvés tout au long des nuits blanches, et par la ville, les enfants chanteurs de paysages blancs, font les oiseaux et s’inquiètent que si matin il fasse fête, tandis que de messes en quête, les vieilles gens perdent la tête. Or, dans les rues et les ruelles où sonnent fraîches les chapelles, les femmes en robes nouvelles s’éplorent de se trouver belles; Frère Jacques, sonnez matines à leurs douces villes félines. II Et la ville de mes mille âmes dormez-vous, dormez-vous; il fait dimanche, mes femmes et ma ville dormez-vous? Et les juifs, honte à mes ruelles, dormez-vous, dormez-vous; -Antiquités et Dentelles- même les juifs dormez-vous? Et, vous, mes doux marchands de cierges, dormez-vous, dormez-vous; aux litanies de la Vierge immaculée, dormez-vous? Clochers, l’on a volé vos heures, dormez-vous, dormez-vous; Frères Jacques aux demeures de quel sommeil dormez-vous? Bonnes gens, il fait grand dimanche, et de gel, et de verglas, à la ville qu’endimanchent les drapeaux des consulats. III Et s’ébrouant rouets rouant, les rouets au matin des vieilles, leur font s’éjouir les oreilles d’un bruit rouant et s’ébrouant. Brouet brouant aux vieux Rouen, arde pour les enfants aux langes, en feu, la cuisine des anges, d’aux vieux Rouen, brouet brouant. Fleuries, fleurant, si bon fleurant, aux autels, les femmes ont crainte, pour leur robes jaune-hyacinthe, fleuries, fleurant, si bon fleurant. Donné-donnant, les bons manants comptent l’argent sur leurs doigts pauvres, pour quelques roses de Hanovre données-donnant, mortes-mourant. IV Mais, dans un château du paradis est mon âme, et, sourde, lui dit Sainte Anne, une histoire longue, et trop haut, dans un beau château. Dans un beau château, la Vierge, Jésus et l’âne font des parties de campagne à l’entour des pièces d’eau, dans un beau château. Dans un beau château, Jésus se fatigue aux rames, et prend plaisir à mon âme qui se rafraîchit dans l’eau, dans un beau château. Dans un beau château, des cormorans d’azur clament et courent après mon âme dans l’herbe du bord de l’eau, dans un beau château. Dans un beau château, seigneur auprès de sa dame, mon coeur cause avec mon âme en échangeant des anneaux, dans un beau château. V Or, les autres des bras en gestes, et des baisers, et des yeux ronds, les gens du dimanche qui vont en voyage avec tant de gestes, bon voyage, les trains vont vite, aux carrousels des horizons sautent les arbres, les maisons, bon voyage, les trains vont vite. Bon voyage, les jours sont longs aux pays neufs et qui s’indurent de mirages et d’aventures, bon voyage, les jours sont longs. Bon voyage, et races latines, au bout des très-chrétiennes mers des planisphères outre-mer, bon voyage, et races latines. Bon voyage, faites naufrage; bon voyage, pour avoir faim, au soir, en voyant les moulins à tour de bras faire du pain. VI Et je m’en reviens de mer pauvre pécheur, maintenant et à l’heure de ce dimanche, ainsi soit-il. Et je m’en reviens de l’eau, les rames haut, sonnant comme des heures, au beau dimanche, ainsi soit-il. La voile a coulé dans l’eau mon beau bateau, maintenant sonne l’heure d’un beau dimanche, ainsi soit-il. Or la voile, l’aient les tailleurs, aussi la mer, alors que sonne l’heure d’un beau dimanche, ainsi soit-il. Un dimanche est dans mon coeur, pauvre pécheur, maintenant et à l’heure de ce dimanche ainsi soit-il. VII Et voile à nul souffle bercée, s’enguidonne d’un beau ciel d’or, le dimanche très en décor pour les femmes de mes pensées; et les femmes ont dépensé leur coeur tout devant les fenêtres, et creusent d’amour enlisées, jusqu’au pleur ce ciel des fenêtres. Vierges d’attente et de martyre, au gril vert des persiennes lasses, dans les jardins des croisées basses, les femmes, jusqu’à se mourir, cristallisent rouge aux fenêtres -appeaux naïvement enfants- leur coeur sous les tabliers blancs, et tels des rideaux aux fenêtres. Or, en vain, les femmes, amantes d’aimer, se sentent infinies, leurs besognes sont définies, et pauvre leur coeur de servantes froidit, pour que se fassent blanches leurs mains, en très naïves grèves, dans la comédie bleu du rêve. Or, passent ainsi les dimanches. D’ANCIENNEMENT TRANSPOSÉ. I J’ai triste d’une ville en bois, -tourne, foire de ma rancoeur, mes chevaux de bois de malheur- j’ai triste d’une ville en bois, j’ai mal à mes sabots de bois. J’ai triste d’être le perdu d’une ombre et nue et mal en place, -mais dont mon coeur trop sait la place- j’ai triste d’être le perdu des places, et froid et tout nu. J’ai triste de jours de patins -Soeur Anne ne voyez-vous rien?- et de n’aimer en nulle femme; j’ai triste de jours de patins, et de n’aimer en nulle femme. J’ai triste de mon coeur en bois, et j’ai très-triste de mes pierres, et des maisons où, dans du froid, au dimanche des coeurs de bois, les lampes mangent la lumière. Et j’ai triste d’une eau-de-vie qui fait rentrer tard les soldats, au dimanche ivre d’eau-de-vie, dans mes rues pleines de soldats, j’ai triste de trop d’eau-de-vie. II Je n’ai plus de ville, Elle est soûle, et pleine de coeurs rénégats, aux tavernes du Golgotha, j’en suis triste jusqu’à la mort; je n’ai plus de ville, Elle est soûle. Mon Dimanche est mort pour de bon, dans les armoires de mes torts mes robes ont changé de ton, vides, les robes de ma mort sont mortes et pour tout de bon. Et sont mortes les bien-aimées; et ma seule religion, aux huiles d’extrême-onction, va mourir loin des bien-aimées; la mort meurt et les bien-aimées. Et tout vit, pour que bien s’annule la chair dans les robes qui brûlent, où les baisers même sont mal; et tout vit pour que bien s’annule la chair dans les robes qui brûlent. III Vierge des dimanches solaires, des dimanches, des beaux dimanches, aux vieux almanachs de calvaire; Vierge, ils s’en vont les beaux dimanches, Vierge des dimanches solaires. Vierge, comme vous savez rire et sourire comme on pardonne; Vierge, au pauvre petit martyre des enfantines Babylone, Vierge comme vous savez rire. Vierge, aux ors mats de bas-empires mon coeur de bon chrétien se pleure, Vierge, aussi c’est tout seul mon coeur en ma bien-aimée que déchire sur des fonds d’or un bas-empire, un bas-empire où levantins et juifs dont l’on voudrait mourir, ont vendu les soirs, les matins, et la bonté de votre rire, Vierge, qui dites comment rire. Vierge des dimanches solaires, est-il un dimanche à venir pour une ville de plein-air, une douce ville à bâtir, où, dans la vie, on pourra rire? IV Maçons de ma communion en oeuvre pour la ville-extase, faîtes rire la blanche grâce des églises et des maisons, maçons de ma communion. Maçons des mains, maçons des pieds, levez dans mes loins terrains vagues, la ville en rond comme une bague, et d’enfants pleine, et de pitié, maçons des mains, maçons des pieds. Maçons de joie sur les échelles, maçons tout droit dans du beau ciel, couvrez-les, mes maisons nouvelles de chaume blond ainsi qu’un miel, maçons de joie sur les échelles. Maçons très-doux, prenez la neige pour mortier, et n’oubliez point les bonnes madones aux coins des ruelles où sont les miens; maçons très-doux, prenez la neige. Maçons, du revers des truelles, écrasez et juifs, et serpents; maçons, en beaux tabliers blancs, bâtissez au chant des truelles, la ville de mes trois arpents. V Or, aux ouvre-toi Sésame, d’une ville en raccourcis, le Grand Turc de mes mépris m’a surpris et vendu l’âme. Marchands d’huile de Sésame, et juifs de honte à poils gris, ont mis leurs doigts de mépris à ma gorge, et sur mon âme. Sur leur gorge et sur leur âme, allez mes navajas bleus, et mes arquebuses: feu! sur leur gorge et sur leur âme; Dimanche! et soit ville feue, leur ville de mes mépris; doux dimanche en Jésus-Christ, dimanche à leur ville feue; car leurs villes et leurs femmes, leurs villes de circoncis m’ont surpris et vendu l’âme; Sésame, ouvre-toi Sésame. Visitation. Or, au dimanche froid, maritime et d’hiver, aux lèvres amer, d’une ville très port-de-mer, dans un dimanche froid, maritime et d’hiver; aux quatre heures de soir longues d’après-dinée de lampes allumées, -et lasses, et comme enfumées- des quatre heures de soir longues d’après-dinée; de la famille nous est venue visiter, -famille d’été, et de soleil très endettée,- de la famille nous est venue visiter. Or, avec les mains bleues de leurs jours de navires, plus debout qu’assis, disant en anglais raccourcis le parler de leurs mains comme aux jours des navires, les parents de retour des bonnes Australies, et riches trop tard, -oncles d’Amérique et soudards- les parents de retour des bonnes Australies, les grands-parents sous la lampe jaune en allés, pour prendre le thé, graves et de sollennité, les grands-parents sous la lampe jaune en allés, de mains m’ont fait signe d’être à l’enfant-très-femme, -très-femme et très-âme- les parents de celle de l’âme, de mains m’ont fait signe d’être à l’enfant-très-femme; et parlant de profil, comme à des yeux fermés, Ils ont dit très-doux: Nous sommes ceux venus vers vous et d’annonciation vers la bien-aimée. D'Aimer. Or, puisqu’ils l’ont dit les grands-parents, que mon bonheur est avec Vous; puisqu’ils l’ont voulu les grands-parents; puisqu’ils Vous ont désignée de geste, soyez ma belle chanson de geste, et, trop, n’ayez crainte en moi vers Vous. Car sachez que je suis un enfant, et que Vous êtes un peu moi-même, comme l’avaient dit les grands-parents; et que j’ai plein, pour Vous, dans mon âme d’une susceptibilité bonne, comme seule en a fleuri Votre âme; et que je veux que Tu me pardonnes pour tout le bien que je sais en moi, moi qui veux tant que Tu me pardonnes. Et Vous serez ma belle actrice, mon bourreau d’or et mon supplice, et mes pinceaux et mes couleurs à tous les panneaux de mon coeur; et Vous serez mon eau-de-vie qui fait rire, au verre, la vie; et, de nuit, Vous serez mon songe de femmes dans les bleues féeries des lampes de candeur qui plongent aux abysses des insomnies. Mais j’ai construit une petite maison dans les lointains dimanches où je fus seul; mais j’ai construit une petite maison; et j’ai voulu qu’il n’y fut d’autres, au seuil, que Vous, et Votre tête, et Vos belles mains, et Vos yeux qui semblent des ronds dans l’eau; et j’ai choisi, pour mon unique musique, Votre voix qui me dira comme de l’eau, aux dimanches où sera Votre musique; et j’ai trouvé de très-étranges parfums qui deviendront Votre chair et Votre robe, en chemin de senteur vers Vos cheveux bruns; Et j’ai construit une petite maison dans tes lointains dimanches où je fus seul, mais j’ai construit en Vous seule ma maison. Car Vous verrez, au sang de mes veines, une plante bien-aimée qui marche vers mon bon coeur, et monte les marches de tous mes bonheurs et de mes peines: et c’est Vous qui serez cette reine, par les silencieuses langueurs de mes pensées changeant de couleur, et c’est Vous qui serez cette reine; car Vous serez bonne de bonté à ma grand’ville végétative, loin des pâles féodalités de mes seigneureries maladives. Or, loin des juifs et d’obscénité, des juifs et du faux regard qui tente, au dimanche de la nudité, et loin des juifs qui voient et qui mentent, avec Vous, j’irai songer nos corps vers les étangs nouveaux sous les arbres, et, loin, voir s’ils feraient bien en marbre, dans la forêt où la Belle dort; ou plus doux, nous irons, en décor, évangéliser les innocences de la chair que nous sommes encor dans le bon vierge de l’inscience, en des jeux d’enfants, lénifiés de Vos cheveux et des mains heureuses des anges sûrs de Nos chairs dormeuses, et de l’Animal pacifiées. Mais joie morte, et bien plus mort dimanche, c’est la fin d’aimer, car Vous partez; et jeux, c’est la mer devenue blanche des mouchoirs d’adieux, car Vous partez; et c’est déjà trop tard à du soir, et le ciel tout équivoque d’anges; et c’est déjà trop tard à du soir, et déjà Vous êtes comme un ange; car loin du toujours, loin du jamais, c’est au pays du bleu paradis que Vous allez planter un beau mai, et loin du toujours, loin du jamais; et loin de moi qui vais bien pleurer après Vous d’adieux au grand vaisseau lent, d’où si loin sont, et tant adorées, vos mains en petits pavillons blancs. DE SOIR. I Mais les anges des toits des maisons de l’Aimée, les anges en allés tout un grand jour loin d’Elle, reviennent par le ciel aux maisons de l’Aimée; les anges-voyageurs, buissonniers d’un dimanche, les anges-voyageurs se sont fait mal aux ailes, les anges-voyageurs, buissonniers d’un dimanche; les anges-voyageurs savent le colombier, et se pressent, au soir, vers le coeur de l’Aimée, les anges-voyageurs savent le colombier; mais les plus petits anges se donnant la main, les plus petits anges se trompent de chemin, mais les plus petits anges sont encor très-loin; et les anges plus las, sur leurs bateaux à voiles, ont le mal de la mer, et du ciel, et des îles d’or et qui, des villes, ont un faux air d’étoiles; et les anges ont froid parmi les hirondelles, et leurs pieds, et leurs mains, et leurs coudes sont rouges, et les anges mettent leurs bras nus sous leurs ailes; et la bien-aimée s’inquiète d’eux, au soir de dimanche, où les enfants de la ville chantent plus fort depuis que les rues et les toits sont noirs. II Anges, des mauvaises maisons dans le noir et mes yeux voyagent; anges de velours, anges bons, mes yeux en sont à des images où mes lèvres cherchent la place au baiser la plus harmonique, et ma bouche berce, en musique, entre les seins nus des Trois-Grâces. Anges, la chair du soir m’envoûte, et j’ai plus mal à ma migraine où la femme, en feu, de mes veines siffle dans les eaux de mes doutes; et des cheveux tombés me peinent, et mes mains pour errer n’ont place; et frais, le boire-aux-yeux me glace comme d’un bain à des fontaines. Anges, des ventres me saluent, au chapitre vague des moelles, sous des yeux, comme des étoiles, derrière une montagne nue où, des robes, le rein dégorge, ceint ainsi que de zodiaques, par les ceintures d’or qui parquent haut, les cimes dures des gorges; anges du ciel qui n’est plus mien, la reine de Saba me baise sur les yeux; anges très-chrétiens, dans le noir des maisons mauvaises. III Mais les anges sont morts de peine, et la chair aussi s’est éteinte, et les lampes, comme en la crainte d’éclairer, fument et se traînent; et des roues dorées s’embarrassent à la voie blanche des plafonds, avec des yeux gros dans des ronds d’indéterminables surfaces. Mais les yeux, faites les joyeux et faites des baisers les bouches, car viennent les enfants qu’on couche, mais les yeux, faites les joyeux; allez, les doigts, aux vieux ouvrages, qui n’avancent depuis longtemps, allez, pour le tuer le temps, allez, les doigts à des ouvrages, dans le rituel doux des lampes où les grands parents protestants, au dimanche long se mourant, ont mal de sang trop lourd aux tempes. IV Mais voici venir une maladie, le dimanche a pris un mal de langueur, le dimanche est bas d’une maladie, et les médecins venus l’abandonnent le vieux dimanche, puisqu’il doit mourir; et les médecins venus l’abandonnent. Mais, auprès de lui, restez sans rien dire les enfants auprès des grandes personnes. Mais, auprès de lui, restez sans rien dire, avec les douces soeurs noires qui pleurent de cloches, et toutes les demi-heures, avec les soeurs noires douces qui pleurent. Mais habituez-vous à voir mourir, les yeux aux cadrans attendant les heures, mais habituez-vous à voir mourir, et faites taire les enfants qui pleurent, et faites taire ceux qui très-faux chantent seuls au repas languissant de sept heures; et les plus petits des nuits décevantes, et trop tôt couchés pour avoir sommeil, mais envoyez-leur les bonnes servantes. Or, faites venir les femmes qu’il aime, le dimanche, et qu’il a vues au soleil; faites venir vite celles qu’il aime; mais prenez pitié du soir de soi-même, au dimanche qui ne sait pas mourir, après le départ de Celle qu’on aime. V Et tout au fond du domaine loin, où sont celles que l’on aime bien, la plus aimée me pleure, perdue de ma mort aux semaines venue; la plus aimée de mon coeur s’attriste, et plonge ainsi que des fleurs ses mains, aux sources de ses yeux de chagrin, la bien-aimée de mon coeur s’attriste. Et tout au fond du domaine loin, la bien-aimée a mis ses patins, se sentant dans le coeur de la glace, et loin vers moi s’efforce et se lasse; la bien-aimée accroche aux vitraux de la chapelle d’où l’on voit loin, avec le pain, le sel et les anneaux, ma pauvre âme, elle, qui ne meurt point. Et tout au fond du domaine loin, la bien-aimée ne pleurera plus les beaux jours de fêtes révolus, aux bagues de famille à ses mains; la bien-aimée m’a vu comme un saint promettant un éternel dimanche, aux âmes enfantines et blanches, et tout au fond d’un domaine loin. VI Or, les juifs aussi sont venus, mauvaisement nus et goulus, et la fièvre blanche aux gencives, et la sueur du coeur et juive. Et des villes où sont les ports, sur les vaisseaux noirs de la mort, et pour vendre, et pour acheter, le peu du dimanche resté de dépouille et de friperie, ils sont venus dès l’agonie, ils sont venus les levantins, aux fièvres du soir de mes fins, s’enivrer des froides éponges sur mon front pour calmer des songes. Or, ils sont venus les laids juifs, les très-laids petits enfants juifs, de teigne et d’induration, voir mourir de consomption mes enfants qui vont vers les anges, et la vie félice des langes, au minuit d’une lune blanche; mes très-chrétiens et bons dimanches. VII Et lors, c’est la fin venue de mes fêtes, et pais la vieillesse aussi de ma tête; rentrez les drapeaux dans l’humidité de la nuit, mes drapeaux de vanité; tout est fini, les dimanches sont morts, mes pauvres petits dimanches sont morts. Qu’importe d’adieux; ce sont les semaines à présent, et les mains rouges qui peinent, et bien heureux sont ceux d’âme assez forte que le travail attend, bon, à leur porte; les semaines sont et les mains sont reines, et s’en vont du port blanches les carènes des beaux vaisseaux de dimanche attardés. Or, c’est fini de très-loin regarder, en des nonchaloirs heureux de rien faire, et déjà les juifs reparlent d’affaires. Et lors, c’est la fin venue de mes fêtes, et puis la vieillesse aussi de ma tête, tout est fini, les dimanches sont morts. Mes pauvres petits dimanches sont morts. Source: http://www.poesies.net