Le Couvre-Feu. (1857) Par Jules Lefèvre-Deumier. (1797-1857) TABLE DES MATIERES Le Baleinier. Les Stalactites. La Colombe Poignardée. La Fleur Fossile. Les Blocs Erratiques. À Mes Enfants. Le Baleinier. Regardez ce vaisseau, dont une mer fatale Semait d’écueils tranchants la route boréale; Qui, captif de l’hiver, dont l’acerbe rigueur De ses muscles de cuivre oxydait la vigueur, Voyait le pôle, armé d’immobiles naufrages, Autour de sa voilure engourdir ses cordages; Et qui, par le printemps, loin du pôle emporté, Du soleil qu’il revoit sent la chaude clarté De ses agrès roidis assouplir la rudesse! De ses ailes de lin dégonflant la paresse, Il se rouvre les flots qu’il avait crus d’airain. Fier des dangers franchis, il vogue en souverain; Mais du froid, dont il sort, le récent esclavage Sous un ciel sans péril poursuit son sourd ravage; Et, victime du Nord, le navire infiltré S’engloutit au soleil qui l’avait délivré. Et cherchez maintenant le sens de ce symbole! Vous en voyez plus d’un sous cette parabole. Moi, celui que j’y vois, c’est que souvent, hélas! Au sort qu’il a vaincu l’homme ne survit pas. Le destin terrassé garde longtemps rancune. Qu’on laisse prendre au coeur le pli de l’infortune! Le salut vient trop tard: et, sourdement blessé, On meurt, en plein bonheur, de son malheur passé. Les Stalactites. Les Alpes frissonnant d’orageuses menaces, Ces pics navigateurs, ces croisières de glaces, Qui ferment les deux bouts du monde au matelot: Les fleuves ombrageux, franchissant au galop Le granit escarpé des plus hautes barrières: Éparpillant au vent les feux de leurs crinières, Et d’un phare homicide éclairant nos cités, Le bûcher des volcans contre nous révoltés: La mer sous nos vaisseaux déchaînant ses abîmes: Qui peut peindre et compter ces spectacles sublimes? J’en connais de plus beaux. Les plus riches de tous Ne sont pas sur le globe: ils serpentent dessous. Si vous voulez les voir, pénétrez dans ces grottes, Qu'habitaient des humains les dieux compatriotes, Ces palais pluvieux, dont l’architecte est l’eau, Tout ruisselants encor de l’humide ciseau, Qui découpa leurs murs en dentelles de givre. De détours en détours là vous verrez se suivre, Création magique et qu’on doit au hasard, Tous les jeux étourdis des caprices de l’art. Comme un collier sans fin s’enchaînant goutte à goutte, Les étincelles d’eau, qui perlent à la voûte, S’y sculptent d’elles-même en nuage argenté, Et donnent pour coupole, à ce temple enchanté, Un ciel de marbre blanc semé d’astres de neige. Les songes ciselés des piliers de Jumiège Dorment là sans lumière, attendant nos flambeaux. Les panneaux ouvragés des gothiques tombeaux, Ces nielles de fleurs, ces milliers d’arabesques Dont l’Espagne a brodé ses églises moresques, Demeurent là sans air, sans témoins, sans soleil. Ces trésors, dont le jour respecte le sommeil, Sont peut-être les pleurs de l’esprit de la terre, Qui poursuit dans la nuit son oeuvre solitaire. À quels miracles d’homme ici-bas comparer Ce chaos d'où le monde est encore à tirer? Ne ressemble-t-il point aux rêves du poëte, Demi-dieu prisonnier, dont la fièvre inquiète Fuit le stérile éclat qui brûle nos chemins, Et travaille, dans l’ombre, invisible aux humains? Vous admirez les fruits, que l’imprudent hasarde! Qu’est-ce auprès cependant des richesses qu'il garde, Nuages merveilleux de chefs-d’oeuvre perdus, Comme un brouillard de l’âme au cerveau suspendus! Ces ombres de prodige à nos yeux interdites, Et du génie en deuil pensives stalactites, Ces grappes de trésors sous nos fronts déposés, Ce sont peut-être aussi des pleurs cristallisés. La Colombe Poignardée. Il existe un oiseau, dont le pâle plumage, Des forêts du tropique étonne la gaieté; Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage Font gémir de la nuit le silence attristé. Le choeur ailé des airs, loin de lui rendre hommage, Insulte, en le fuyant, à sa fatalité; Lui-même se fuirait, en voyant son image: Poignardé de naissance, il naît ensanglanté. Et le poëte aussi, merveilleuse victime, Qui mêle de son sang dans tout ce qu’il anime, Arrive dans ce monde, un glaive dans le coeur; Et l’on n’a point encore inventé de baptême, Qui puisse en effacer le stigmate vainqueur: Cette tache de mort, c’est son âme elle-même. La Fleur Fossile. Jamais coupe d’opale, où boivent les abeilles, Jamais perle d’azur, étoilant nos corbeilles, Ou vivant de notre air dans l’air vivant des blés, N’ont agi plus longtemps sur mes songes troublés, Que ce fantôme noir d’une plante momie, Dans son champ souterrain six mille ans endormie. Les jeunes soeurs d’hier, opulentes ou non, Ont toutes des couleurs, qui nous disent leur nom, Qui content à nos sens les secrets de leur vie; Mais cette fleur de pierre, aux cavernes ravie, Que semble, en l’éclairant, renier le soleil, Quelle énigme sans fond renferme son sommeil! Obscur comme la tombe, et plus impénétrable, Sphinx jadis éphémère, aujourd’hui si durable, Voyageur engourdi, qui reviens de si loin, Que sais-tu de la terre? Avait-elle un témoin, Quand, la couronne au front, de ta couche élancée, La lumière sauva ta royauté passée? Né comme toi des pleurs ou des baisers du jour, Le vol des papillons t’a-t-il parlé d’amour? Oasis de parfums, dans les déserts flottante, À quel sylphe nomade as-tu servi de tente? Quelle ombre a rafraîchi ton germe? quel oiseau Vint, pour te saluer, chanter sur ton berceau? Avant d’y promener sa force vagabonde, L’homme avait-il déjà des vassaux dans ce monde; Ou, du globe encor vide astre silencieux, N’as-tu de ta splendeur étonné que les cieux? Quand j’interroge ainsi ton spectre avec mon rêve, Je ne sais quel brouillard de ta cendre s’élève, Où, comme des vaisseaux, glissent, appareillés, Des jours évanouis les trésors réveillés. Des monstres primitifs la race qui s’exhume, Repeuple devant moi cet océan de brume, Et l’air ressuscité s’encombre de dragons, Dont le vol fait crier le monde sur ses gonds. Autour de ton néant je vois, comme un mirage, Des continents proscrits bouillonner le naufrage, Et des mers d’autrefois ranimant les complots, Je te vois, dans ta fosse installé par les flots, Des siècles décédés confident oculaire, Nous garder, de leur fin, ta mort pour exemplaire. Écho pétrifié des temps qui sont perdus, Tes oracles muets, dans mon âme entendus, Refont tout le passé dépouille par dépouille. Fleur antique, salut! chrysalide de houille, D’où s’envole, à mes yeux, un vivant univers. Pour qui l’y veut chercher, quelle moisson de vers Rayonne sous la nuit de tes mornes pétales, Genèse où le déluge a scellé ses annales, Et qu’à livre fermé comprennent nos esprits! Poëme plus confus que ces vieux manuscrits, Que rangeait Pompeïa dans ses cases de poudre, Et qui dorment sans voix calcinés par la foudre, Ton silence éloquent me parle plus haut qu’eux. Tout ce qu’on peut glaner sous leurs plis ténébreux, Fût-ce un soupir perdu de la Grèce ou de Rome, C’est quelque mot terrestre, imparfait comme l’homme, Dont le sens préféré n’est pas toujours le bon: Toi, l’on n’épelle pas tes feuilles de charbon Sans en voir aussitôt, comme une ombre empressée, Sortir un mot de Dieu, traduit par la pensée. Les Blocs Erratiques. Dans nos champs nourriciers ou nos champs de bruyères, Sous le dôme des bois, aux genêts des clairières, On rencontre parfois, saisi d’étonnement, De sourcilleux rochers, venus là nuitamment Jeter comme des sphinx leurs blocs énigmatiques. Ces blocs, que les savants baptisent d’erratiques, Que sont-ils? Des glaciers, par les siècles fondus, Les ont-ils charriés à leurs flancs suspendus? Poursuivi par le feu qui lui livrait batailles, L’Océan les a-t-il vomis de ses entrailles, Comme un fardeau trop lourd qui retardait ses pas? Sont-ils nés d’un volcan dans un jour de combats? Au sol qui les supporte, ou qui les avoisine, Rien ne les apparente, et n’en dit l’origine. Chacun semble du sort un monstre improvisé, Par la terre en courant au hasard déposé. Mais de ces monuments, sourds aveux d’une autre ère, Peu de monde s’occupe à percer le mystère, Et, gardiens d’un secret curieux à sonder, On passe à côté d’eux sans leur rien demander. Vous rencontrez pourtant le même phénomène Aux champs, féconds ou non, de la pensée humaine. Quand, pour se mieux connaître et juger son niveau, L’homme, en observateur, entre dans son cerveau, Il s’étonne parfois d’y trouver des idées, Qui, sans qu’il le comprenne, y sont presque soudées. Pourquoi sont-elles là? Qu’y font-elles? Comment S’expliquer leur présence et leur isolement? Chacune sur son sol, reine dépaysée, N’est qu’un anneau terni d’une chaîne brisée, Un de ces blocs errants, d’un autre monde issu, Échoué dans l’esprit qui ne l’a pas conçu. Oui, lorsque de son âme entr’ouvrant les abîmes, On en tâte des yeux les profondeurs sublimes, Et qu’on en suit en soi les flux et les reflux, Nous y voyons souvent, entiers ou vermoulus, Se dresser devant nous des quartiers de pensée D’une date inconnue, ou du moins effacée, Qui, merveilleux d’aspect ou d’un sinistre abord, Nous semblent avec nous n’avoir aucun rapport, Et sont, on ne sait comme, implantés dans nos têtes. Y sont-ils arrivés portés par des tempêtes, Qui, sans nous en douter, nous ont jadis surpris, Et sont-ils demeurés debout dans nos esprits, Comme autant de témoins de quelque ancien naufrage? L’homme qui vit n’est-il, épave d’un autre âge, Qu’un reste transformé de l’homme d’autrefois, Qui sous un joug nouveau vient subir d’autres lois? L’homme, semblable en tout au globe qu’il habite, A-t-il, comme ce globe, à décrire une orbite, Et chaque époque en lui, comme sur son berceau, Laisse-t-elle, en fuyant, la marque de son sceau? De poussière en poussière, essence vagabonde, A-t-on déjà vécu, lorsque l’on vient au monde, Et ces rêves, qu’on prend ici pour des hasards, Ne seraient-ils en nous que des reflets épars, Que des rayons perdus d’une mémoire éteinte, Que rallume un regard, que ravive une plainte? C’est ce que nous saurons peut-être quelque jour, Quand, ayant ici-bas achevé notre tour, Nous sentirons que l’âme, enfin libre et ravie, Touche au dernier relai de sa dernière vie. A Mes Enfants. Mes chers petits enfants, pendant que vous dormez, Je vous offre à tous deux ces feuillets imprimés, Où mon âme se cache à l’ombre de la rime: À toi, mon premier né, grave et gentil Maxime, Déjà vieux de six ans, et savant comme à sept, Qui lis la Barbe-Bleue, et le Petit-Poucet, Mais qui ne comprends pas toujours bien ta lecture; À toi, qui n’es pas fort sur la littérature, Eusèbe, petit ange, âgé de dix-huit mois, Qui, dans le ciel, où Dieu doit regretter ta voix, Savais très-bien parler, très-bien lire sans doute, Mais qui l’as tout à fait oublié sur la route. Tout paternel qu’il soit, c’est un pauvre cadeau, Que je vous fais, mes fils, et peut-être un fardeau, Car ce forget me not est pesant comme quatre: Et, quand vous serez grands, il faudra vous ébattre, À voir si le dedans vaut mieux que le dessus, Si mes vers trop nombreux sont pourtant bien tissus: C’est long; mais le travail fait les destins prospères, Et les fils dévoués sont le trésor des pères. Mieux vaudraient aujourd’hui, pour vous, ces beaux joujoux, Dont le prix le plus haut ne passe pas dix sous, Qu’un livre qui me coûte, à moi, bien des années, Et des larmes, peut-être assez mal détournées. Demain, c’est un cheval qui tend bien le jarret, Un épagneul chasseur, ferme sur son arrêt, Que vous préférerez, un fusil de Lepage, Qui frappe, à deux cents pas, un lapin en voyage. Tout cela vaudra mieux demain que mes écrits, Qui n’ont encor tué ni lapins, ni perdrix, Et ne m’en ont pas fait manger, je vous le jure. La plume, voyez-vous, est une arme peu sûre, Qui devant le gibier fait très-souvent long feu, Et qui semble parfois, sans nous tricher au jeu, Changer, en l’ajustant, notre but de nature; Quand on vise un éloge, on attrape une injure. Un peu plus tard, enfants, vous oublîrez ces vers, Pour écrire dans l’ombre, et souvent de travers, De petits billets doux, de vingt ou trente pages, Qu’on trouvera trop courts: ravissants bavardages, Où ce qu’on dit cent fois est toujours inédit, Ce qui fait par bonheur qu’on n’a jamais tout dit. De mon livre égaré dans leurs mains peu dévotes, Vos maîtresses, un jour, feront des papillotes Peut-être: et, vous, amis, de vos doigts inhumains, Peut-être au sacrilége aiderez-vous leurs mains? Ce sont là des délits, que mon coeur vous pardonne: Le mal, fait au printemps, se répare à l’automne. Ce qui m’affligerait, enfants, c’est de prévoir Qu’à l’âge, où vous saurez ce que je crois savoir, Votre oubli négligent laissera, sans rien dire, L’herbe de mon tombeau pousser jusqu’à ma lyre. Mais je ne le crains pas. Je me plais à penser, Qu’à l’âge où le plaisir, lent à nous agacer, Nous appelle si bas qu’on a peine à l’entendre, Vos yeux se tourneront du côté de ma cendre. J’aime à croire qu’un jour, dans ce même couvent, Où je parle aux oiseaux et cause avec le vent, A l’heure, où les amis se font leur confidence, Et pendant qu’au foyer, exerçant sa prudence, Votre mère aux enfants, sur ses genoux assis, Débitera tout bas d’admirables récits, J’aime à croire qu’Eusèbe et Maxime son frère Se rediront entre eux les gestes de leur père, De leur père couché, comme tous ses parents, Sous les arbres qu’il plante, et qui seront bien grands. Oui, quelquefois alors vous prendrez ce volume, Muet consolateur de mes jours d’amertume, Et vous vous relirez quelqu’un de ces morceaux, Où je bénis des bois les mobiles arceaux, Et l’orgue du feuillage animé par la brise; Où j’ai chanté les fleurs que l’abeille courtise, La nature, les arts, l’isolement sacré; Où j’ai ri quelquefois, et plus souvent pleuré: Et vous direz alors, en bons fils que vous êtes, Ces oeuvres, pour le temps, sont vraiment fort bien faites. Le style est un peu roide, et le tour a vieilli, Mais ces vers, dans le fond, valent ceux d’aujourd’hui. Si votre mère alors, savante dans l’histoire Des ogres du pays et de la Forêt-Noire, Qui souvent, pour l’exemple, égorgeant les troupeaux, À la broche des loups fait rôtir les agneaux, Si votre mère alors, dans ces crimes lancée, À fini d’étrangler sa brebis commencée, Elle vous répondra, relevant son maintien: Soyez sûrs, mes enfants, qu’on ne fait pas si bien. Que de philosophie unie à la finesse! Si vous trouvez ça vieux, tant pis pour la jeunesse! Le baleinier, la nuit, les cercles, Josaphat! Quiconque n’aime pas ces vers-là n’est qu’un fat. Je me souviens qu’un soir, avec sa voix profonde, Nous ayant récité, je crois, la fin du monde: Soumet lui dit: Je suis tranquille sur son sort; Pour peu que l’univers vive autant que sa mort, Il en a pour longtemps.... Et cela vous étonne, Que ce livre, aujourd’hui, ne soit lu de personne? Eh! mon Dieu! mes enfants, on ne l’a jamais lu. C’est qu’aussi votre père.... Ah! s’il avait voulu.... Ah! s’il avait voulu!... Mes chers amis, j’espère Que vous respecterez l’erreur de votre mère, Et ne combattrez pas avec son souvenir, J’y suis intéressé; c’est là mon avenir, Et j’en jouis ici, peur de mésaventure, Car je crois le tombeau, fort sourd de sa nature, Et ce qu’on dit dessus, peut s’égarer dessous. N’importe! Ce foyer, où mon ombre avec vous Restera, je me plais à l’arranger en rêve: C’est là le paradis que la muse m’élève. Quand vous aurez mon âge, et ne ferez plus rien Que d’achever vos nids, où j’aurai fait le mien, Je ne vous dirai pas qu’il faut, par gratitude, Me lire tous les jours avec sollicitude; Non, ce serait aussi par trop religieux. Mais au Val quelquefois, vers le soir, quand les cieux, Comme un tapis, de fleurs, se damassent d’étoiles; Quand des vaisseaux d’argent, gonflant l’or de leurs voiles, Naviguent dans les airs sous le vent du croissant; Quand sous les bois, brunis par le jour décroissant, Le rossignol s’éveille, et chante sur sa branche; Quand la tête des fleurs languissamment se penche, Pour dormir; quand la brume, autour du tronc des arbres, Monte comme les plis d’une vapeur de marbres; Lorsque le ver luisant tremble sous le gazon, Comme un saphir du ciel tombé de l’horizon, Et qu’on voit, échappés de leurs humides cages, Les feux follets danser autour des marécages; Dites-vous, mes amis: Voici l’heure de choix, Où notre père aimait à rôder dans les bois, Et s’en allait, dans l’ombre, à l’affût des pensées! Ses traces maintenant sont partout effacées, Et son herbe si verte est bien sèche aujourd’hui: Mais nous: voici son heure! occupons-nous de lui. Causez souvent de moi, mais pas longtemps; mon ombre Rendrait, en vous suivant, votre chemin plus sombre. Aimez toujours les vers; quand ils sortent du coeur, Les vers échos du ciel rendent l’homme meilleur. Dites de moi caché sous ma muette argile: Il a chanté tout bas tout ce qu’aimait Virgile, Et si le monde ingrat ne s’en est pas douté, C’est que sans doute, hélas! il n’a pas écouté. Moins on en parle, et plus, dans notre humble mémoire, Il nous faut, à nous deux, lui faire un peu de gloire: Car nous une fois morts, qui le réveillera, Ce poëte d’un jour, que la nuit reprendra? Voilà, mes chers petits, mon oraison funèbre! Vous la répéterez, pour que je sois célèbre: J’y compte, et c’est pourquoi, mes bons petits amis, Je vous offre ce livre, où mes vers endormis, Refleuriront sans tache à votre haleine aimée. Votre mémoire, enfants, c’est là ma renommée. L’Abbaye du Val, novembre 1843. Source: http://www.poesies.net